<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?>
<rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0">
    <channel>
        <title>A FROG IN THE BATH - ambassadeur_des_gaules</title>
        <description>Un jour, une grenouille traversa la Manche, quittant sa Garonne natale pour les bains chauds de Bath (UK)</description>
        <link>http://froginbath.blogspirit.com/ambassadeur_des_gaules/</link>
        <lastBuildDate>Sat, 23 Jun 2007 15:01:47 +0200</lastBuildDate>
        <generator>blogSpirit.com</generator>
        <copyright>All Rights Reserved</copyright>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://froginbath.blogspirit.com/archive/2007/02/24/les-muses-me-quittent.html</guid>
                <title>Les muses me quittent</title>
                <link>http://froginbath.blogspirit.com/archive/2007/02/24/les-muses-me-quittent.html</link>
                <author>noreply@blogspirit.com (froginbath)</author>
                                                <category>Ambassadeur des Gaules</category>
                                                <pubDate>Sat, 24 Feb 2007 22:05:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    &lt;p&gt;Coucou ! Oui, je suis toujours là. Merci à Maman, Papa, Alexandra et Emmanuelle pour vos emails et appels inquiets. Désormais je sais qu'au moindre pépin, le Réseau Adrien Sans Frontières est prêt à se mobiliser ;-)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis désolé de vous avoir fait languir, mais je dois avouer que les muses me quittent. Comme la plupart des autres grenouilles, au fur et à mesure que je me suis adapté à mon pays d'adoption, ma logorrhée de début d'année est passée.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, je continue à en vivre, des expériences ! Mais je n'ai plus le courage de passer plusieurs heures, après une dure journée de labeur (oui, je me suis remis à mes études), à rédiger un article qui ne satisfait jamais ma soif (et votre soif, avouez-le) de perfection littéraire.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si j'avais eu le courage, j'aurais rédigé un article intitulé &quot;&lt;i&gt;&lt;b&gt;At Cynthia and Eric's&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&quot; où j'aurais raconté mon weekend chez un couple de retraités, séjour organisé gratuitement par mon université, adhérente au programme &lt;a href=&quot;http://www.hostuk.org.uk/student_home.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Host UK&lt;/a&gt;. Mais cet article n'aurait pu égaler celui de &lt;a href=&quot;http://charliethefrog.over-blog.com/article-4939532-6.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Charlie&lt;/a&gt;, qui s'est retrouvé chez un vieux célibataire ultra-religieux et fan de musique classique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mes hôtes aussi étaient fans de musique classique, bien que ne crachant pas sur la pop anglaise des années 80. Ce qui était intéressant chez Cynthia et Eric, c'est qu'ils étaient très fiers de l'Angleterre et ultra-eurosceptiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vous laisse imaginer la teneur du débat entre le Libéral-Démocrate futur député européen que je suis et deux Conservateurs sympathisants du UKIP, le &lt;i&gt;United Kingdom Independence Party&lt;/i&gt;, parti dont le mot d'ordre s'adresse directement à Bruxelles : &quot;Rendez-nous notre pays !&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si j'avais eu le courage, je vous aurais aussi raconté la &quot;&lt;b&gt;&lt;i&gt;Crepes Party&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&quot; que Doncho et moi avons organisée le soir de la Sainte-Déprime, communément appelée Saint-Valentin parmi les non-célibataires et les non-&lt;i&gt;international students&lt;/i&gt; qui ne sont pas séparés de l'élue de leur coeur par la mer ou l'océan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'était vraiment une chouette fête. Pour &lt;i&gt;3 pounds&lt;/i&gt;, toute personne qui passait dans le coin avait droit à 3 crèpes, cuites par Doncho et garnies par mes soins, plus une bière ou un verre de cidre. Voilà le principe qui aurait dû gouverner notre &lt;i&gt;crepes party&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais quand j'ai vu la tête des Américains lorsque Doncho a énoncé notre principe à la foule affamée, j'ai compris que je n'étais pas prêt d'amortir mon investissement (c'est moi qui ai payé les courses). Certaines, je ne citerai aucun nom, ont réussi à s'esquiver avant la quête.Tout de même, l'investissement a rapporté en nature : j'ai gagné une demi-douzaine de nouveaux amis ;-)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voilà, comme je n'ai pas eu le courage d'écrire ces deux articles, vous vous retrouvez avec de piètres résumés. C'est promis, dès que les muses me toucheront à nouveau, vous serez les premiers avertis !&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://froginbath.blogspirit.com/archive/2006/11/29/reception-aux-roman-baths.html</guid>
                <title>Réception aux Roman Baths</title>
                <link>http://froginbath.blogspirit.com/archive/2006/11/29/reception-aux-roman-baths.html</link>
                <author>noreply@blogspirit.com (froginbath)</author>
                                                <category>Ambassadeur des Gaules</category>
                                                <pubDate>Thu, 30 Nov 2006 01:35:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    &lt;p&gt;&amp;nbsp;Hier, vers 1 pm, je reçois un email urgent de l'&lt;i&gt;International Office&lt;/i&gt; : distribution de dernière minute ! Quarante nouvelles invitations sont disponibles pour la réception qui aura lieu le soir même aux &lt;i&gt;Roman Baths&lt;/i&gt;, en l'honneur des étudiants étrangers. Salutations officielles, jeunes filles en robe de soirée et petits fours à la clé. Ni une, ni deux, je fonce à l'université retirer un des précieux sésames. Quand j'arrive, il n'en reste déjà plus que vingt ! Ouf, j'ai eu chaud !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le soir, bien que mes galettes de pommes de terres et mon gratin dauphinois me fassent saliver, je suis bien trop en retard pour manger. J'enfile ma tenue &lt;i&gt;business casual&lt;/i&gt; (voir &lt;a href=&quot;http://froginbath.blogspirit.com/archive/2006/11/16/business-casual.html&quot;&gt;Business casual&lt;/a&gt;) et je trotine jusqu'aux &lt;i&gt;Roman Baths&lt;/i&gt;. Tout le monde s'est mis sur son trente et un, et certains ont revêtu leurs costumes traditionnels : des Indiens, des Chinois, des Malaisiens et deux Africaines. Après avoir serré les mains officielles, je mets le cap sur le buffet pour assouvir ma faim. Mais là, je ne trouve que du jus d'orange, du vin rouge (beurk) et du vin blanc (miam !)&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://froginbath.blogspirit.com/images/buffet.jpg&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;Alors que je cueille un verre excessivement plein, un homme visiblement trop vieux pour être un simple étudiant s'approche de moi et me pose les trois questions de l'&lt;i&gt;international student&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&quot;What's your name?&quot;, &quot;Where are you from?&quot;, &quot;What do you study?&lt;/i&gt;&quot; J'apprends que Monsieur est un ancien &lt;i&gt;Councillor&lt;/i&gt;, c'est à dire l'équivalent du Conseiller municipal, du Conseiller général et du Conseiller régional tout à la fois. Hé hé, c'est pas n'importe qui !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par conséquent, le pauvre homme n'échappe pas à la question qui tue (voir &lt;a href=&quot;http://froginbath.blogspirit.com/archive/2006/11/28/depute-en-4-lecons.html&quot;&gt;Etre député en 4 leçons&lt;/a&gt;) : comment devient-on &lt;i&gt;Councillor&lt;/i&gt; ? Et là, d'un air le plus sérieux du monde, il me répond : &quot;on se fait élire par les citoyens&quot;. Non, sans blague ? Espérant qu'il est moins idiot qu'il veut me le faire croire, je précise ma question : &quot;Je veux dire, quelles compétences il faut avoir ? Comment faut-il se comporter envers les électeurs ?&quot; Il finit par avouer que c'est l'appartenance à un des deux grands partis qui joue le plus. Bref, rien de nouveau sous la pluie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;Après quelques minutes d'étude comparée entre la politique anglaise et la politique française, mon interlocuteur finit par me demander :&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Tu connais des gens dans cette salle ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Non, pas vraiment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- J'espérais que tu connaîtrais du monde que je pourrais rencontrer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Désolé, mais les gens que je connais ne sont pas là.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur ce, le &lt;i&gt;Councillor&lt;/i&gt; s'excuse et me laisse seul à la dégustation déjà bien avancée de mon verre de vin. &lt;b&gt;Leçon n°5 : même à la retraite, un politique te plantera si tu n'as pas de relations&lt;/b&gt;. Je suis sur le point de verser une larme sur mon incompétence quand Doncho puis Boris surgissent de nulle part. Eh &lt;i&gt;Councillor&lt;/i&gt;, viens voir, j'ai des amis ! Mais le &lt;i&gt;Councillor&lt;/i&gt; est déjà bien loin, pataugeant au milieu d'un troupeau de Chinois en costards.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La salle se remplit de plus en plus, à tel point qu'il est difficile de se déplacer. Le sol vacille dangereusement. Plusieurs Indiennes que j'aurais croqué avec délice prennent un malin plaisir à me rentrer dedans. Je pose donc mon verre vide sur la première table à laquelle je me cogne et je vais m'échouer sur une chaise. C'est alors que deux Chinoises engagent la conversation. Je ne comprends pas un traître mot de ce qu'elles me disent ! En fait, je crois que j'ai un peu trop bu. J'aurais vraiment dû manger avant de venir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://froginbath.blogspirit.com/images/speech.jpg&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;C'est l'heure des discours. Des &lt;i&gt;international students&lt;/i&gt; venus d'Allemagne, de Pologne et de Chine se succèdent pour louer la beauté et la générosité de la ville de Bath. Deux Chinoises ont même préparé une petite mise en scène à deux voix :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Son, que penses-tu de Bath ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Je trouve que c'est une ville super ! Les gens sont tellement tolérants et il y a tellement de choses à faire : se promener, faire du sport... Qu'en penses-tu, Li ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Oh oui, je suis d'accord avec toi, Son ! J'aimerais y rester toute ma vie !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On les a payées ou quoi ?!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Après moult applaudissements, nous sommes invités à descendre vers les bassins qui ont rendu la ville si célèbre. Tandis que nous posons le pied sur les dalles antiques, un des guides hurle &quot;&lt;i&gt;Mind the gap! Mind the gap!&lt;/i&gt;&quot; comme si nous étions dans le métro londonien. Au radar, je cherche où peut bien être ce fichu trou et, après identification, je parviens à le franchir sans perdre l'équilibre. Pfff ces Anglais, ils voient le danger partout !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://froginbath.blogspirit.com/images/bassin.jpg&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;Alors, ils sont pas beaux les &lt;i&gt;Roman Baths&lt;/i&gt; à la lumière des torches, avec l'&lt;i&gt;Abbey&lt;/i&gt; en arrière-plan ? Imaginez des volutes de vapeur s'élevant vers la Lune, les arcades multi-séculaires où résonnent nos langues barbares, les salles obscures d'où émergent des silhouettes orientales parées de bijoux. Imaginez aussi le p... de froid de canard qu'il y fait ! Après s'être bousculés pour prendre les mêmes photos, on remonte vite dans la salle de réception.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Là, ça sent la fin. Tout le monde prend tout le monde en photo, avec des poses et des sourires du style &quot;Soirées de l'Ambassadeur Ferrero Rocher&quot;. Doncho et Boris ont disparu. A la place, une vieille dame bien gentille mais un peu collante, qui ne sait vraiment pas choisir ses colliers, me harcèle pour être prise en photo avec moi. Après toutes les objections que la politesse me permet de formuler, je finis par céder.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://froginbath.blogspirit.com/images/mayor.jpg&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voyez comme elle est heureuse ! J'ai oublié son prénom, mais je crois qu'elle est maire de la ville, quelque-chose comme ça.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;Une fois ma B.A. accomplie, je renfile mon pull et je rentre à la maison. J'y trouve mon &lt;i&gt;kitchen group&lt;/i&gt; en pleine discussion dans la cuisine, certains engloutissant leur dernière bière de la journée, d'autres observant Youssef confectionner un crumble aux pommes.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Qu'est-ce que t'as, me demande Stefanie d'un air inquiet&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Rien, je suis un peu...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- &lt;i&gt;Dizzy?&lt;/i&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- C'est ça, &lt;i&gt;dizzy&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et tout le monde éclate le rire. J'ai passé le reste de la soirée à me faire chambrer parce que je m'étais saoulé avec un ridicule verre de vin. Je m'en foutais, je les écoutais même pas, j'étais trop occupé à m'emplir la bouche de mon gratin dauphinois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://froginbath.blogspirit.com/archive/2006/11/12/this-is-a-ratatouille.html</guid>
                <title>This is a ratatouille</title>
                <link>http://froginbath.blogspirit.com/archive/2006/11/12/this-is-a-ratatouille.html</link>
                <author>noreply@blogspirit.com (froginbath)</author>
                                                <category>Ambassadeur des Gaules</category>
                                                <pubDate>Sun, 12 Nov 2006 01:35:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    &lt;p&gt;Comment préparer une ratatouille mémorable pour 100 personnes en une journée ? C'est la question à laquelle j'ai essayé de répondre durant toute la semaine. Ce soir, après deux heures de dégustation de plats exotiques au &lt;i&gt;Bath International Evening&lt;/i&gt;, dont ma ratatouille, je peux vous donner la recette.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le jour J, en début d'après-midi, allez à Sainsbury's avec votre sac de randonnée. Sans vous soucier des regards suspicieux des autres clients, emplissez votre chariot d'un cageot de tomates, un cageot d'aubergines, un cageot de courgettes, dix poivrons, dix oignons et une grande bouteille d'huile d'olive. A la caisse, retenez-vous de hurler en lisant le prix. Ben oui, 1,50 € l'aubergine, c'est pas donné...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De retour à l'appartement, prenez votre voix la plus douce et demandez à Stefany si elle est toujours d'accord pour vous aider. Oui, elle l'est ! Ensemble, mettez en place le mondage des tomates : &quot;je les trempe dans l'eau bouillante, tu les trempes dans l'eau froide, tu les pèles et je les évide&quot;. Etant donné que Stefany est persuadée qu'elle ne saura jamais découper des légumes, répétez-lui qu'elle fait ça très bien, un peu plus petits les morceaux et ce sera parfait. Retenez-vous de vous sentir chef cuisinier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Profitez que Doncho et Youssef passent par là pour les réquisitionner. Donnez-leur à chacun un couteau, une planche à découper et des montagnes d'aubergines et de poivrons à peler, évider et couper en dés. Assignez à Stefany la tâche de couper les oignons, car elle a des yeux surhumains, qui ne pleurent jamais lorsqu'elle tranche ces innocents légumes. Mais comme Stefany se sent trop peu adroite, elle échange avec Youssef : ne vous retenez pas de rire en le voyant rougir et chialer comme s'il coupait sa propre main.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ne regardez pas la montre. Ne regardez pas la montre. Ne regardez pas la montre. Ben oui, vous êtes en retard, mais c'était prévisible, non ? Dans la poelle géante, faites frire les aubergines, puis les oignons, puis les poivrons. En croyant que ça ira plus vite, tendez la poelle naine à Doncho et demandez-lui de faire de même ;-) Découpez les gousses d'ail en dés micro-micro-microscopiques, à défaut d'avoir de quoi les hâcher.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand tous les ingrédients sont enfin prêts, procédez à la cuisson dans la marmite. Ne faites pas cuire à feu trop doux, car vous êtes déjà sacrément en retard alors il ne faudrait pas en rajouter. Mais ne poussez pas le feu trop fort sinon votre ratatouille colle au fond et fait &quot;scrouitch, scrouitch&quot; quand vous la remuez. Quand les légumes sont suffisamment mous, retirez du feu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est là que vient le moment le plus important : l'assaisonnement. S'il est mal fait, tout un travail de cinq heures à découper et faire frire peut être gâché en quelques secondes. Ainsi, devant un &lt;i&gt;kitchen group&lt;/i&gt; impatient, retenant son souffle dans l'attente du verdict, salez, goûtez, poivrez, goûtez, herbes-de-Provencez, goûtez, faites la moue, et terminez par un énigmatique : &quot;ça ira&quot;. &amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Arrivé dans l'église reconvertie en salle des fêtes, où a lieu le &lt;i&gt;Bath International Evening&lt;/i&gt;, brandissez votre marmite bouillante devant vous et foncez à travers la foule en hurlant &quot;&lt;i&gt;sorry!&lt;/i&gt;&quot;, &quot;&lt;i&gt;watch out!&lt;/i&gt;&quot;. Au moins, on vous remarque. Installez-vous à votre stand, juste derrière le panneau &quot;France&quot;, soulevez le couvercle pour que la bonne odeur se diffuse et prenez votre plus beau sourire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ne vous laissez pas abattre par les gens qui passent sans s'arrêter, prétendant connaître la cuisine française parce qu'ils en ont mangé en conserve. Ne vous souciez pas non plus de la concurrence des succulentes pâtisseries bulgares de Doncho. Essayez plutôt de harponner ceux qui s'approchent d'un air farouche et dites-leur :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p&gt;1° &lt;i&gt;Hello, this is a&lt;/i&gt; ratatouille&lt;br /&gt; 2° &lt;i&gt;It comes from the south of France&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; 3° &lt;i&gt;It is Mediterranean food&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; 4° &lt;i&gt;There are only vegetables. No meat.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parfois, la 1° suffit à convaincre. D'autres fois, il est bon de passer rapidement à la 2° voire la 3°, pour le côté folklorique. Mais il m'est souvent arrivé de sauter à la 4°, du fait de mon succès auprès des végétariens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour terminer, l'astuce du chef : attendez que le passant s'éloigne avec un échantillon de votre ratatouille avant de guetter sa réaction, sinon vous ne glanerez que des &quot;&lt;i&gt;hmmm!&lt;/i&gt;&quot; de politesse. Et n'ayez donc pas honte d'être fier, quand l'un d'eux revient plus tard pour demander : &quot;&lt;i&gt;Can I have some more, please?&lt;/i&gt;&quot;&lt;/p&gt;
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://froginbath.blogspirit.com/archive/2006/10/11/o-mon-pais.html</guid>
                <title>O mon païs</title>
                <link>http://froginbath.blogspirit.com/archive/2006/10/11/o-mon-pais.html</link>
                <author>noreply@blogspirit.com (froginbath)</author>
                                                <category>Ambassadeur des Gaules</category>
                                                <pubDate>Wed, 11 Oct 2006 02:10:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    &lt;p&gt;Doucement bercés par les cahots de l'autobus qui nous emporte vers Bristol, Thomas et moi contemplons la campagne anglaise, patchwork aux tons vacillant entre le vert et le jaune. Nos regards croisent celui d'une vache ensomeillée, qui broute l'herbe encore glacée par la rosée de l'automne.&lt;br /&gt; - J'aime le paysage anglais, murmure Thomas. On ne dirait pas qu'il y a la ville, à côté.&lt;br /&gt; - Tu vas trouver ça bête, mais ça me fait penser au Lauragais. Ces champs vallonés à perte de vue...&lt;br /&gt; - C'est vrai, répond Thomas d'un air pensif. Si on enlève les vaches et les moutons, ça ressemble beaucoup au Lauragais :-)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Thomas est français, il étudie le management. Il vient de HEC, comme Youssef, grâce à qui on s'est rencontrés. Thomas a longtemps vécu à Montpellier avant de faire une prépa HEC au lycée Fermat de Toulouse, mon ancien lycée. Il dit qu'il ne sait pas parler patois, pardon... occitan, mais il connaît pas mal de mots, parce qu'il écoutait radio Occitania avant de partir à Paris. Ce qui me fait marrer, c'est qu'il dit &quot;cabour&quot; ou &quot;pégueux&quot; avec l'accent du nord ;-)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Ca fait du bien de connaître quelqu'un avec qui je peux non seulement parler français, mais aussi parler de ma région natale qui me manque tant. On se remémore la ville rose, la vie étudiante qui y est si riche, les quelques mots d'une langue presque morte qu'on connaît si peu...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;blockquote&gt;&quot;Qu'il est loin mon pays, qu'il est loin...&lt;br /&gt; Parfois au fond de moi se ranime&lt;br /&gt; L'eau verte du canal du Midi&lt;br /&gt; Et la brique rouge des Minimes.&lt;br /&gt; O mon païs, ô Toulouse, ô Toulouuuse !&quot;&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les Praguois (Tchèques + Slovaques) assis à côté de nous se réveillent en sursaut et nous regardent d'un air effaré. J'ai oublié de vous dire que Thomas adore chanter. Heureusement, il chante juste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; S'interrompant au bout du second couplet, Thomas me demande pour la troisième fois :&lt;br /&gt; - Mais tes parents, maintenant, ils n'y croient plus ?&lt;br /&gt; - Si, je pense qu'ils y croient toujours, mais ils ont arrêté de militer. Ils ont fini par s'apercevoir qu'aujourd'hui, l'Occitan ne sert plus à personne...&lt;br /&gt; Visiblement, le récit que je lui ai fait de la folle jeunesse de mes parents, l'autre soir en rentrant du Rat &amp;amp; Parrot, l'a impressionné. &quot;Lutte Occitane&quot;, c'est un nom qui marque. Et la vision de mon père et ma mère, au début des années 70, hurlant &quot;&lt;i&gt;Independenza !&lt;/i&gt;&quot; sur le parvis de je-sais-plus-quelle église de Barcelone, agitant le drapeau catalan au-dessus d'une foule scandant des slogans régionalistes, ça nous a fait beaucoup rire. Ca nous a laissés rêveurs, aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Désapprouvant le ton fataliste de ma réponse, Thomas se lance dans un nouveau récital :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;blockquote&gt;&quot;&lt;i&gt;Se canto, que canto&lt;br /&gt; Canto pas per you&lt;br /&gt; Canto per ma mio&lt;br /&gt; Qu'es al lent de you&lt;/i&gt;&quot;&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette fois, ce sont les Parisiens de devant qui se retournent et nous dévisagent d'un air perplexe :-D&lt;br /&gt; - C'est con, je connais que le refrain. Avant, je savais le coup des montagnes qui sont trop hautes puis qui s'abaissent, mais j'ai oublié.&lt;br /&gt; - Moi pareil.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Après un moment de contemplation silencieuse, je ne résiste pas à l'envie de lui raconter un nouvelle anecdote :&lt;br /&gt; - Tu connais les Fabulous Troubadours ? Un soir, ils ont donné un concert gratuit sur la place du Capitole. Avant de chanter, Claude Sicre a fait un petit &lt;i&gt;speech&lt;/i&gt;. Il nous a sorti le bon vieux discours régionaliste de base, comme quoi Paris nous avait envahis, que les peuples de France étaient endormis depuis trop longtemps, qu'il était temps de se réveiller et d'entamer la lutte pour la libération de l'Occitanie, etc.&lt;br /&gt; - Ouais, je suis tout à fait d'accord ! ;-D&lt;br /&gt; - Attends, tu rigoles, tout le monde rigolait. Sauf que quand Claude Sicre a fini, le guitariste a commencé à jouer &lt;i&gt;Se canto&lt;/i&gt;. Alors ceux qui la connaissaient l'ont chantée ; ils étaient d'ailleurs plus nombreux que ce que je pensais.&lt;br /&gt; - &lt;i&gt;Se canto, que canto&lt;/i&gt;...&lt;br /&gt; - Mais juste après, ce couillon, il s'est mis à jouer la &lt;i&gt;Marseillaise&lt;/i&gt;. Alors là, des gens se sont mis à siffler et ils étaient de plus en plus nombreux à siffler la &lt;i&gt;Marseillaise&lt;/i&gt;. Du coup, d'autres se sont mis à chanter par-dessus, pour couvrir les sifflets. Ca a fait un beau boucan !&lt;br /&gt; - Ca a fini en guerre civile ?&lt;br /&gt; - Non. Le guitariste a joué l'&lt;i&gt;Hymne à la Joie&lt;/i&gt; et tout le monde a chanté en choeur&lt;br /&gt; :-D&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Après ce bref aperçu de nos conversations sur l'état de notre culture régionale, vous pensez certainement que Thomas et moi sommes à 100 % sur la même longueur d'onde en matière de lutte occitane ;-) C'est ce que je pensais aussi, mais j'ai bien failli déchanter lorsque, au milieu d'une conversation avec une franco-béninoise, mon ami a prononcé ce terrible mot qu'on entend trop souvent à la télévision et dans la rue : &quot;province&quot;. J'ai pris Thomas à part pour régler ce problème avant que cela ne se reproduise :&lt;br /&gt; - C'est moi, ou tu as traité la France de &quot;province&quot; ?&lt;br /&gt; - Oui, j'ai dit ça, mais c'est parce qu'on est entourés de Parisiens. Ils ont besoin d'être rassurés, tu comprends ? Les pauvres... Ils croient encore qu'on peut réduire les régions à un seul mot, dont seule leur ville aurait la définition.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
                </description>
                            </item>
                </channel>
</rss>