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mardi, 26 septembre 2006

Premier jour

Je suis terriblement crevé, je n'ai pas mangé car il n'y a plus de magasins ouverts et je n'ai pas de draps pour mon lit. C'est pas grave, je suis arrivé, c'est l'essentiel.

Je ne vous dis pas dans quel état j'étais ce matin ! J'avais beau rester immobile, respirer profondément, mon coeur battait à me briser les côtes. Je pensais et repensais à mes bagages : 500 g de trop pour la valise, 500 g de trop pour le sac à dos. Ca ne passerait jamais !

 

 

 

 

Heureusement, c'est passé. A l'enregistrement, la balance afficha 26,5 kg, soit 1 kg de plus que prévu ! Ce kilo de trop aurait dû m'être facturé, mais l'hôtesse ne dit rien, elle colla l'étiquette sur la poignée et bye bye. Je respirais mieux tout à coup !

Seconde étape : les adieux avec les parents. Dès que je vis les visages grimacer et rougir de tristesse, je distribuai des bises à tout le monde et je filai vers le portique de sécurité. Je ne voulais pas garder cette image d'eux pendant les trois mois qui viennent.

Maintenant, voici la véritable anecdote marrante de la journée. Après l'embarquement, qui était porte 37 et pas 34 comme écrit sur le billet, on nous invita à prendre un couloir qui menait dehors, à descendre un escalier en métal et à rejoindre un autobus qui nous attendait sur le tarmac. Le bus se remplit vite d'une foultitude d'anglais. Et là on a poireauté. Comme s'il ne faisait pas suffisamment frais, le chauffeur mit la clim. Les plus vieux étaient assis, mais les plus jeunes (dont moi) attendaient debout et commençaient à soupirer d'impatience. Mes pieds me fesaient mal. Enfin, au bout d'un bon quart d'heure à nous balancer d'un pied sur l'autre, le chauffeur ferma les portes, démarra, contourna l'escalier et... l'autobus s'arrêta quelques mètres plus loin ! L'avion était juste derrière nous ! Tout le monde a éclaté de rire.

Quatre ou cinq employés de l'aéroport s'affairaient devant l'avion à essayer de faire entrer un cube jaune et noir dans un trou blanc en forme de carré, et ils se regardaient d'un air perplexe, cherchaient dans leurs classeurs, parce que le cube ne rentrait pas dans le carré :-S Je sais que j'ai la lourde charge de rehausser l'image de la France, mais il y en a certains qui auraient pu me donner un petit coup de pouce !

A part ça, le vol a été délicieux : comme on ne volait pas très haut, j'ai pu contempler la Garonne sur toute sa longueur jusqu'à Bordeaux, puis la surface irisée de la Manche et enfin les bocages parsemés de moutons anglais. Mais il faudra que je revoie l'épisode dans l'autre sens, car j'ai dormi pendant la moitié du trajet ;-)

Arrivé à l'aéroport de Bristol, je goûtai à l'air frais de l'Angleterre et enfilai bien vite mon pull et mon manteau...

Première conversation en anglais avec le chauffeur de la navette :

- Can I use the return ticket in several months ?

- Yes

En toute modestie, je n'ai eu aucun mal à comprendre sa réponse. Par contre lui, je ne sais pas s'il a compris ma question. Ca m'a coûté 7 pounds. On verra bien.

Dans Bristol : embouteillages, embouteillages, superbe église, embouteillages... Vingt minutes pour faire le tour d'un rond-point, j'avais jamais vu ça ! J'aurais bien voulu prendre en photo un truc vraiment bizarre mais mon appareil était au fond du sac : sur le rond point, il y avait un panneau bleu avec une flèche blanche pour indiquer le sens de rotation, comme en France ; mais comme la peinture blanche n'était apparement pas réfléchissante, ils y avaient collé un mini-lampadaire. Un lampadaire pour éclairer un panneau de signalisation ! Ils sont fous ces Anglais !

Gros stress à la gare de Temple Meads. Sur mon billet de train, il n'y avait aucun numéro de voie, aucun numéro de train. Sur les écrans, aucune indication d'un train allant à Bath. Ne reculant devant rien, je m'adressai à un contrôleur, qui avec une grande diligence, sortit une énorme liasse de feuilles gribouillées et se mit à égréner des noms et des numéros qui ne me disaient rien du tout. Alors je lui sortis une formule que je vais certainement balancer à la figure de beaucoup de gens cette année : "Sorry, I don't understand :-S". Là il me répondit : "nine". Ca, mon cerveau le captait. Alors je me lançai à la recherche de tous les panneaux où était inscrit le chiffre 9. J'aperçus un train. Je ne savais pas d'où il venait, ni où il allait, mais j'appris qu'il passait par Bath : c'était suffisant. Un quart d'heure plus tard, j'étais arrivé.

Après avoir récupéré ma clé à l'accueil de Carpenter House, immense résidence qui fait face à la rivière, je pris l'ascenseur et me retrouvai face à la dernière porte de mon dur périple. Je sortis la clé magique, je tournai et un large sourire m'accueillit, moi et mes lourds bagages : "Hello, I'm Stephen and I'm German". Stephen c'est son prénom et German c'est sa nationalité. Là c'est facile à distinguer, mais avec d'autre personnes dont je vous parlerai plus tard, on peut confondre. Il me laissa m'installer et une heure plus tard il vint me retrouver avec un autre collocataire : Youssef, né en Tunisie, mais qui vivait au Maroc avant de partir à Paris faire HEC.

Ainsi, alors que j'avais le ventre vide, alors que j'étais crevé et que mes affaires étaient à peine déballées, ne partîmes tous les trois attendre le bus qui nous amènerait au campus de Bath, dans l'espoir de passer une nuit de folie. Mais à peine arrivé là-bas, je ne tenais plus debout. Alors je suis resté discuter un peu et je suis rentré me coucher.

Mais avant de m'écrouler sur mon lit, il fallait bien que je vous raconte ma première journée à Bath, non ?

Commentaires

Ouah que de périples! le pire pour toi a dû être de ne pas manger ^^ Hum... c'est bon les M*rs!

Si tu ne veux pas passer pour un idiot mais plutôt pour un étranger intelligent (aucun euphémisme ici) dit : "Can you repeat, please?"

P. S. : Si tu veux ton courrier maile moi.

Ecrit par : Srrette (cf. frrot) | mardi, 26 septembre 2006

Plutôt pas mal pour un début! J'attends l'arrivée des autres colocataires et la rentrée avec impatience!!!! (les premières courses aussi, lol!).
Bisous!!!!!!

Ecrit par : jess | jeudi, 28 septembre 2006

Pour l'instant, on est 8 collocataires mais il y en a 3 qui font cavalières seules : les filles !
Par ordre d'arrivée :
1. Stefan, Allemagne
2. ?, Chine ou Japon ou Etats-Unis (on ne la voit jamais)
3. Adrien, France
4. Youssef, Maroc (étudie en France)
5. Doncho, Bulgarie (parle couramment français et anglais)
6. Martin, Allemagne
7. Stefany (?), Etats-Unis
8. (J'ai oublié son prénom), Etats-Unis
Donc en réalité, on est un groupe de 5 garçons (2 germanophones et 3 francophones) qui nous occupons de la cuisine et tout. Les 3 filles passent toujours en coup de vent et ne viennent jamais dans la cuisine. C'est à peine si on sait qu'elles vivent ici :-(

Ecrit par : Adrien | vendredi, 29 septembre 2006

ouahou 5 mecs qui font la cuisine!

Ecrit par : ELodie | vendredi, 29 septembre 2006

Quand je dis qu'on s'occupe de la cuisine, c'est symbolique. Car ici, la cuisine identifie le groupe de collocataires. C'est le lieu de rencontre, de debat, de vie en commun.

Ce qui me desole, c'est que les filles n'y viennent jamais.

Ecrit par : Adrien | vendredi, 29 septembre 2006

Si tu leur cuisine une charlotte au poire ça devrait aider à nouer le contact!

Ecrit par : ELodie | vendredi, 29 septembre 2006

Je sais meme pas si elles s'apercevraient que j'en ai fait une, meme en leur glissant une assiette pleine dans la main ;-)

Ecrit par : Adrien | vendredi, 29 septembre 2006

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