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jeudi, 05 octobre 2006
Premiers cours
"Alors, comment se passent les cours ?", "C'est pas trop dur ?". Tout le monde me demande ça sur MSN ! Je me suis donc dit qu'il était urgent que je fasse un post sur mes premiers cours pour assouvir votre curiosité ;-)
Cette semaine (week 1) et la semaine qui vient (week 2) sont consacrées à la découverte des cours. On peut donc aller à tous les lectures (cours magistraux) que l'on veut sans s'inscrire ! Ce n'est qu'à partir de la week 3 que les groupes pour les seminars (travaux dirigés) seront arrêtés. Je me suis donc fait une petite liste de cours, auxquels j'ai assisté cette semaine, et voici ceux que j'ai retenus :
Lundi après-midi : Economie du monde moderne
Jeudi matin : Sciences politiques de la Grande-Bretagne
Jeudi après-midi : Concepts clés des sciences politiques
Vendredi matin : Sociologie des sociétés modernes
Ce ne sont que les lectures, je ne connais pas encore exactement les horaires de mes seminars. Certains cours auxquels j'ai assisté ou auxquels je devais assister collaient mieux à mon sujet de mémoire, mais soit ils sont trop simples (Etude de l'Europe), soit ils tombent en même temps qu'un cours plus important (La société de la Grande-Bretagne moderne).
Le tout premier cours auquel j'ai assisté était celui sur l'économie du monde moderne. J'ai vraiment été impressionné par la salle : on s'installe dans des fauteuils en mousse style fauteuils de cinéma, le prof nous parle avec un micro-cravate tout en s'aidant de sa présentation par ordinateur, projetée sur écran géant. Au départ j'ai pensé que c'était parce que je me trouvais dans le plus grand amphi de la fac, qui soit dit en passant, est tout petit face à l'amphi 8 de l'université du Mirail ;-) mais en fait, tous les amphis sont dotés d'un système de son et d'une salle de projection.
Les profs utilisent tous une présentation par ordinateur durant leur cours, ce qui est vraiment pratique pour moi quand je comprends rien à ce qu'ils racontent, c'est à dire la plupart du temps ;-) D'un côté, ça change de nombreux profs du Mirail qui se contentent de lire leurs feuilles sans rien écrire ou projeter au tableau, mais de l'autre ça n'incite pas les élèves à essayer de comprendre ce que le prof veut dire, plutôt que de noter bêtement ce qui est écrit à l'écran.
Il y a une autre pratique ici que j'ai rarement trouvée en France, c'est la communication entre le prof et son auditoire, en plein cours magistral. Je ne sais pas pourquoi, mais tous les profs ont la manie de lancer des sondages. Ils s'arrêtent soudain de parler et disent "Combien d'entre vous ont déjà étudié ce sujet ?", "Qui a déjà participé à une association ou un parti ?", etc. Certains profs lancent même un mini-débat, du genre : "Vaut-il mieux qu'un pays dépense plus pour sa force militaire ou pour l'éducation de ses enfants ?". Ca crée une véritable sympathie entre le prof et ses élèves, d'ailleurs en général une blague n'est pas loin : "Quand Kennedy a dit son célèbre 'Ich bin eine Berliner', il ne se doutait pas que les Berlinois comprendraient 'Je suis un donut'" :-D De source fiable, je peux confirmer qu'il y a une pâtisserie allemande qu'on appelle berliner.
C'est le prof d'étude de l'Europe qui a sorti cette blague. Un mec marant et théâtral. J'ai trouvé son cours très intéressant, non parce qu'il m'a fait découvrir quoi que ce soit de nouveau sur la question, mais parce qu'il m'a appris beaucoup sur l'énorme différence entre la perception française et la perception britannique de l'histoire. Ainsi, selon le prof, si la France et l'Allemagne ne se sont pas entretuées plus tôt qu'en 1914, c'est grâce à la bienveillance du Royaume-Uni, qui affaiblissait toujours le plus menaçant. Autre exemple : selon le prof, si l'Union européenne a tant de mal à s'entendre sur une politique étrangère commune, c'est parce que le Royaume-Uni est tellement puissant qu'il arrive à l'empêcher à lui tout seul :-D
Le prof d'étude de l'Europe n'était pas le seul à avoir une vision caricaturale des choses. Ainsi, certains sujets de travail en groupe sont terriblement biaisés. Je ne vous donne que mon préféré :
"Vous êtes un groupe d'étudiants activistes et vous cherchez le meilleur moyen de faire de l'université une société communiste. Vous expliquerez à vos camarades quel est votre plan d'action"
:-D Trop facile ! Premièrement, prenez une réforme du gouvernement et caricaturez-la au maximum, pour qu'elle rentre dans votre vision d'un monde dominé par un libéralisme impitoyable. Ensuite, bloquez l'université, excepté son plus grand amphi. Ainsi, lorsque les étudiants vous hurlent après parce que vous portez atteinte à leur liberté d'étudier et bla bla bla, répondez-leur avec un aplomb inébranlable qu'ils n'ont qu'à aller à vos assemblées générales deux fois par semaine, de quatre heures chacune, pour qu'ils se plient à votre vision de la démocratie. Avec un peu de chance, le gouvernement sera même assez bête pour jouer le passage en force ;-) Mais si je faisais un tel exposé, mes profs ne seraient pas les seuls que vous pourriez accuser de caricature ;-)
Bilan : au début de la semaine, je pensais que tout ce déploiement d'humour, de sympathisation avec le public, de présentations hi-tech, etc. bref, tout ce spectacle, étaient une ruse. Après tout, il était compréhensible que les profs cherchent à "vendre" leur cours, en le rendant divertissant et facile à suivre, pour qu'on s'y inscrive. Mais en réalité, ça semble être un comportement assez habituel ici : les étudiants (ou plutôt leurs parents) ont payé très cher pour être ici, ils attendent donc un service de qualité, qui corresponde à leurs besoins mais aussi à leurs envies. Quant aux profs, ils ont une réputation à tenir.
19:00 Publié dans De grenouille en fourmis | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : études, cours, classe, erasmus

Commentaires
Je ne sais pas si, en tant que parent, j'ai payé très cher mais en tout cas j'en ai pour mon argent : tes posts sont un délice à lire et, telle une accro au cyberespace, j'attends impatiemment le soir pour te lire (ainsi que les commentaires de la mystérieuse Srrette qui sont pas mals non plus)
Ecrit par : Maman | jeudi, 05 octobre 2006
Gabrielle écrit "Srrette" pour se moquer de son amie dévouée Emmanuelle, qui se demandait qui était ce mystérieux "Frrot" qui écrivait toujours sur le blog de Gabrielle. Ce Frrot, c'était le frérot de Gabrielle, qui ne pouvait empêcher ce nullissime de Skyblog de manger les "é".
En tout cas, merci pour le compliment :-)
Ecrit par : Adrien | jeudi, 05 octobre 2006
Shame on you, Mother.
Ecrit par : Srrette | dimanche, 08 octobre 2006
Si leur + gd amphi est + peti ke lamfi 8 du Mirail c parce kil zon jamé du faire d'AG ce ki dapré ton post ne métonn pa : de koi pouré-til se plaindre ? d fauteuil de ciné? des déba en CM?? non mé !lol
ps : moi ossi jadore lire t post ady. dailleur javé égaré ton adress mé grace o lien sur le blog délo ben g pu ratrapé mon retar de lecture ;-)
Ecrit par : alex | dimanche, 08 octobre 2006
Srrette ne se moque pas de môa d'abord(pas tout le temps quoi ^^ )...pi, c'est mignon frrot le grand comme surnom :p !!(srrette aussi!)
en tout cas, bon blog ;) ..
j'attend.. ^^
Ecrit par : lapin-volant | mardi, 10 octobre 2006
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