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dimanche, 22 octobre 2006
Soirée parfaite
Vous l'attendiez, la voici : la soirée international students parfaite. Les fêtes de L'auberge espagnole nous ont tous fait rêver, vous vous demandez si ça se passe vraiment comme ça. Je vous réponds : oui. Mais pas tous les soirs quand même, juste le weekend ;-)
Il y a plusieurs heures, vers 7 pm, on se retrouve tous dans la cuisine, Youssef, Doncho, Stefan et moi (Stefany est à Lille et Martin à Munich), pour se préparer chacun à manger. Evidemment on a tous la même question à la bouche : "Qu'est-ce que tu comptes faire ce soir ?" Et on a tous la même réponse : "Je sais pas !" Finalement, Youssef dit qu'il va retrouver des amis à Pulteney Court et nous abandonne lâchement. Ah le traître ! ;-)
Nous en sommes à nous apitoyer sur notre sort, quand soudain, deux filles surgissent dans la cuisine et se précipitent sur nos chaises. "Salut ! On vient vous piquer trois chaises parce qu'on fait une kitchen party à côté, dit l'une d'elles, c'est mon anniversaire ! Evidemment, vous êtes invités !" Et elles disparaissent avec notre mobilier. Ni une, ni deux, Doncho et Stefan s'y précipitent.
Quant à moi, tout en machouillant ma crèpe au sarrasin sans sarrasin, je me tâte : "J'y vais ou j'y vais pas ? Je sens que ça va encore être une de ces soirées où il faut toujours attendre quelqu'un dans le froid, pour aller à un pub où il est impossible de discuter, tellement la musique est forte" Mais en même temps, la perspective de rester planté devant mon ordinateur un samedi soir ne m'enchante pas du tout.
Finalement, j'y vais. La cuisine de l'appartement d'à-côté est bondée. Je dois enjamber deux guitares, slalomer entre les chaises et jouer l'équilibriste pour attraper une assiette. Une fille que je connais me sert du jus d'orange. "What the fuck is it?" hurle un mec derrière moi, avec un parfait accent américain. "Orange juice" lui répond-elle. "God! Put vodka!" dit-il en me remplissant la moitié du verre :-P Je commence à discuter avec une autre fille que je connais et me voilà enfin intégré à la soirée.
Ce serait trop compliqué de vous décrire toutes les personnes présentes. En gros, on était 17, surtout des Allemands et des Français. Je crois que dans la soirée, on a frolé les 19, mais jamais les 20. Car 20 est le nombre maudit. Au-delà de 20, nous entrons dans l'illégalité si nous ne signalons pas à notre residential tutor au plus tard la veille que nous faisons une fête. Or comme il a tous les pouvoirs, c'est risquer pas mal de contraintes. Donc 19 est le nombre idéal.
L'originalité de cette soirée, hormis qu'il y avait plein de bonnes choses à manger et que c'était l'anniversaire de Jong-Ho (sino-américaine), c'est qu'on a eu droit à un concert live : François et Jong-Ho jouaient de la guitare et le franco-américain (celui qui m'a servi de la vodka) chantait. Toutes les plus belles chansons du moment y sont passées : les Cramberries, Oasis, Nirvana, Rammstein... Ceux qui connaissaient les paroles acompagnaient le trio à pleins poumons. Ce qui est marrant, c'est qu'entre chaque chanson, le franco-américain se servait toutes sortes d'alcools avec des sirops fluos, donc il est vite devenu saoûl. On a alors eu droit à la chorégraphie de Rammstein, à un spécial remix de Coldplay, à un solo blues... Inédit !
Vers 11 pm, Stefan, qui avait disparu je-sais-pas-où parce qu'il aime pas "talking and talking and talking...", a débarqué en habits de soirée pour nous rappeler que si on veut aller dans un club, c'est maintenant ou jamais. Alors on quitte tous la cuisine qu'on laisse dans un bordel total et on file dans nos chambres nous changer. Cinq minutes plus tard, nous sommes en marche vers le Po-na-na.
Le Po-na-na est un club situé pas loin de l'abbaye et qui a l'originalité d'être en sous-sol. Il a dû être aménagé dans d'anciennes caves car il est composé de 4 salles voûtées qui communiquent être elles par des couloirs étroits. Chaque salle est vaguement décorée à l'orientale (draps rouges au plafond, lampes en peau de chèvre) et contient un immense bar. Chaque extrémité de la salle forme une alcôve dans laquelle il y a des confortables divans et des tables pour discuter, si tant est qu'on arrive à s'entendre. Même si une seule salle est dédiée à la danse, elle diffuse la musique dans toutes les autres.
Bref, quand on entre dans le Po-na-na, on a l'impression de pénétrer dans une société secrète. De dehors, on voit juste des énormes bibendums de cuir qui vous scannent de leur regard rayon-X lorsque vous passez devant eux. Vous descendez ensuite un escalier en fer qui fait "bloing bloing" sous le bruit des talons hauts des filles. Vient le moment le plus difficile : la caisse. 5 pounds l'entrée (soit 7 euros, sans boisson gratuite) + 2 pounds (3 euros) par article pour la consigne. Mais faites-moi confiance, ça vaut son pesant d'or.
Ensuite, vous vous engagez dans un petit couloir en faisant bien gaffe à votre tête et vous arrivez dans la deuxième salle. Impressionné par la richesse du bar et par le confort des alcôves, vous pouvez décider de vous arrêter là pour prendre un verre. Mais vous ne résisterez pas longtemps à l'attrait de la troisième salle, celle où tout le monde est en transe sur le dance floor.
L'avantage d'aller en boîte en Angleterre, c'est que même les jeunes se couchent tôt, même un samedi soir. Donc ils sortent tôt : dès 11 pm vous pouvez être sûr de trouver du monde dans un club comme le Po-na-na. Entre minuit et 1 am, c'est bondé. C'est pas forcément très agréable, surtout si vous vous retrouvez à côté d'une minuscule blonde décolorée qui empeste la bière et le Biactol, et qui bondit dans tous les sens sans se soucier des gens qui se trouvent sur sa trajectoire. Je l'aurais bien écrasée avec mon pouce mais ça aurait laissé une tâche pégueuse sur le parquet et ça aurait été pire. Heureusement, à partir de 1 pm les gosses vont se coucher et on a de la place pour danser sur de la bonne musique : le pied, quoi !
Après avoir pu juger du prix et du taux de remplissage, vous voulez certainement savoir ce que j'entends par "bonne musique". C'est un mix assez étrange, une sorte de funk très entraînant, ou pour le dire autrement, Bombfunk MC's sans les paroles. Or à partir de ces percussions électroniques, le DJ mixe tous les tubes qui peuvent plaire, entre autres : Muse pour les fans de rock, Usher pour les fans de R'n'B, David Guetta pour les fans de techno, etc. On a même eu droit à du reggae et à du rap ! Grâce aux percussions funk, pour une soirée, on s'est pris pour des rastas et des racailles ;-)
Après ce bref récit, vous allez me dire : "Pff, pas besoin d'aller péter en Angleterre pour passer une bonne soirée dans une bonne boîte. Au même prix à l'ex-Aposia, tu passes 2 heures dans la salle techno et t'en ressors le plus heureux du monde !" Certes. Mais le gros avantage de sortir entre international students, c'est qu'on n'est pas 3, 4 ou 5 mais 13, 14, 15 voire plus !
Ainsi, lorsque vous perdez un groupe de vue, il vous suffit de faire quelques pas de côté, vous repérez quelqu'un avec qui vous avez discuté plus ou moins récemment et vous vous exclamez : "Hey! How are you!" Et paf, vous vous attachez à un nouveau groupe. Au pire, vous chopez le premier international student qui passe et vous lui serrez la main en disant : "Hi! I am Adrien and I am from France. And you?" Grâce à ce système, personne n'est jamais seul et on ne s'ennuie (presque) jamais !
Petit groupe par petit groupe, les international students ont quitté la boîte. Vers 3 am, je marchais dans les rues de Bath illuminée. J'ai discuté avec une Taïwanaise qui était sidérée que j'aie déjà vu le nom de son si petit pays ailleurs que dans la mention "Made in...". On s'est quittés au Third floor, l'étage des international students :
- Bon nuit', c'est comme ça qu'on dit ?- Oui, c'est ça : bonne nuit. Et dans ta langue ?
- Wa han
- Alors, wa han!
03:55 Publié dans De grenouille en cigale | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : erasmus, fête, auberge, espagnole, international, musique

Commentaires
Je dois lire ton post à peu près à l'heure où tu finis de l'écrire puisque, ici, c'est debout 7 h pour accompagner Etienne à sa compet de ping-pong à 8 h. A part ça, nous on a passé la soirée chez le Chef et Suzanne. Je te raconte pas !
Ecrit par : Maman | dimanche, 22 octobre 2006
:-D Une soirée ex-ce-ptio-nnelle, je n'en doute pas !
Ecrit par : Adrien | dimanche, 22 octobre 2006
Ne me raconte pas : Vous avez mangé, discuté, vous êtes rentrés vers 0h-1h
Adrien: je vois que tu es intégré aux international students et je te félicite, mais qu'en est-il avec les inglishes pure and dure?
(au fait c'est qui Stephany? :S)
Ecrit par : Srrette | dimanche, 22 octobre 2006
Ben les Angliches, on en connaît pas beaucoup (moi j'en connais aucun) parce que c'est dur de faire connaissance en cours magistral. Mais avec l'arrivée des seminars, où on travaille en groupe, j'espère faire quelques rencontres.
Stephany, c'est une des deux américaines de notre kitchen group. Finalement, on a fait connaissance avec elle donc maintenant on est 4 garçons et 1 fille à jouer au poker, sortir le weekend, etc. C'est une fille super sympa et trop marrante !
Ecrit par : Adrien | dimanche, 22 octobre 2006
Strip poker? je vois, je vois...
Ecrit par : Srrette | dimanche, 22 octobre 2006
Esprit tordu ! On se demande de qui tu tiens ça...
Ecrit par : Adrien | dimanche, 22 octobre 2006
Bomfunk mc's??? jadore tro ça kan GT ptite !! (enfin + jeune dison...) mé san les parole, ça doi etre tré moyen !! lol
Ecrit par : alex | dimanche, 22 octobre 2006
Thiof a tout essayé: les soirées parfaites erasmus, les sorties foireuses du C7.
Keskyéklmieu?
Ecrit par : ELodie | lundi, 23 octobre 2006
Non, Bombfunk MC's sans les paroles, ça fait des super percus qui te donnent envie de sauter, sauter... pas trop quand même car le plafond est bas, au Po-na-na ;-)
Ecrit par : Adrien | lundi, 23 octobre 2006
Les soirées international students (ya pas que des erasmus) et les soirées C7 sont incomparables ! Même entre une international réussie et une C7 foirée, mon coeur balance ;-)
Se retrouver tous chez Marie... 1 h
Manger un bon repas sénégalais... 2 h
Discuter de vous savez quoi et se foutre des bien-pensants... 3 h
Traverser tout Toulouse à la recherche d'une boîte potable... 1 h
Se tortiller sur de la maquina et grogner quand c'est du R'n'B... 3 h + 6 euros
Passer une soirée avec ses meilleures ami(e)s : priceless !
Pour tout ce qui ne s'achète pas, et pour le reste, il y a EuroFriend MasterFriend. EuroFriend MasterFriend : c'est pour la vie !
Ecrit par : Adrien | lundi, 23 octobre 2006
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