dimanche, 03 juin 2007

L'heure du bilan

 

 

 

Eh bien voilà, mon séjour erasmus à Bath est terminé. Demain, je m'en irai retrouver Toulouse, ses briques rouges et l'accent des cigales. Le temps est donc venu de faire le bilan de cette courte vie, d'empiler sur la balance regrets et nostalgies.

 

NB : pour ceux qui n'aiment pas lire, il y a une magnifique vidéo à la fin de cet article !

 

Le point négatif de ce séjour erasmus, c'est l'isolement. Je ne parle pas seulement du sentiment de solitude ou d'être incompris, mais aussi du véritable décalage entre le monde d'où je venais et le monde dans lequel j'ai atterri.

 

Paradoxalement, je n'ai jamais rencontré autant de gens en si peu de temps dans ma vie. Les premières semaines, j'ai serré des centaines de mains, fait la fête avec des dizaines d'inconnus fraîchement débarqués comme moi.

 

Le mythe erasmus était à l'oeuvre et j'étais totalement sous le charme.

 

Mais parce que le lendemain, ces mêmes personnes ne me disaient même pas bonjour, j'ai compris que les vrais amis ne se trouvent pas en une nuit, ni même en une semaine ou un mois.

 

Le second problème, c'est que tout étudiant international vit le cul entre deux chaises : ni touriste étranger, ni étudiant anglais.

 

Certains de mes amis en France, hypnotisés par la propagande de l'"Auberge espagnole",  croient encore qu'un séjour erasmus, c'est une année sabbatique gaspillée à traîner dans les rues le jour et à faire la fête la nuit.

 

Or dans ce film mensonger, à aucun moment les personnages ne galèrent pour communiquer, pour ouvrir un compte en banque et payer leur loyer, pour remplir un formulaire administratif ou pour rédiger une dissertation !

 

Mais ce n'est pas tant le fait de galérer durant l'année qui m'embête que la maigre récompense que j'en ai tiré : aux yeux des Anglais, quoi que je fasse, je reste un étranger. Je n'ai jamais été un véritable étudiant de l'université de Bath.

 

Par exemple, il suffisait que j'ouvre la bouche pour qu'on me demande : "Where are you from ?" Quand j'évoquais le nombre de mes heures de cours, on me regardait de haut. Et quand je parlais de mon mémoire d'Histoire, on me demandait si c'était aussi important qu'un partiel !

 

Le point positif, c'est que dans ces moment difficiles, j'ai appris à m'adapter.

 

J'ai d'abord compris que les habitudes ne sont pas innées. Il suffit de changer d'environnement pour qu'elles s'effondrent comme des châteaux de cartes.

 

Moi qui étais si fier de mon sens de l'organisation, j'ai dû repartir de la case départ pour faire la chasse au temps perdu. Moi qui suis réputé si poli, j'ai vexé beaucoup de monde en disant simplement "hello" au lieu de saluer de la main.

 

Mais prendre de nouvelles habitudes est ce qu'il y a de plus enrichissant.

 

Enfin, je réagis moins impulsivement au changement. Durant les premiers mois, dès que je me sentais incompris, je me vexais. Quand je faisais une découverte, je m'enthousiasmais. Si je n'arrivais pas à me débrouiller tout seul, je me décourageais.

 

Depuis, j'ai laissé ma fierté de côté. Si je ne comprends pas, si je ne sais pas faire, je demande qu'on m'apprenne.

 

En guise de conclusion, j'aimerais vous montrer une vidéo du dernier voyage de Matias, mon collocataire chilien, rentré hier du Maroc. Matias est un globe-trotter. Il voyage en solitaire mais ne tarde jamais à se faire de nouveaux amis.

 

A ce titre, il a une bien plus grande expérience que moi des dangers de l'isolement et du besoin de s'adapter. La récompense, c'est ça :

 

 

 

 

Retrouvez Matias en Inde, Matias en Europe et Matias au Maroc sur le blog de Matias.  

samedi, 04 novembre 2006

Le Royaume brûle

Vers 18 heures, heure locale, dans la petite ville de Bath, les premières explosions se font entendre. Elles proviennent de plusieurs quartiers de la ville. D'autres, lointaines, laissent supposer que l'évènement est de grande ampleur. Craignant une guerre civile, je m'installe à côté de mon téléphone et attends patiemment le coup de fil du consulat de France, afin qu'il me communique les instructions à suivre. Mais comme je ne reçois aucun appel, je décide d'accompagner mes collocataires sur le campus, pour découvrir ce qui se trame.

 

Le bus est surchargé, il semblerait que l'ensemble de la population cherche à fuir le centre ville coûte que coûte. Plus on approche de l'université, plus le trafic se fait dense. Des voitures de police sont stationnées sur le parking et des volontaires vêtus de gilets réflechissants orientent la foule. L'ensemble du campus s'embrase de lumière tandis que la population de Bath s'achemine vers le parc dans le calme et la discipline.

 

 

 Ne sachant trop ce qui se passe, ni où aller, nous errons sur la Parade puis autour du lac. Il fait un froid terrible, nous avons faim et nous sommes fatigués. Tremblant d'angoisse, nous nous demandons si nous allons survivre à pareil évènement. De temps en temps, nous scrutons la nuit noire, à l'affût des projectiles incandescents que de puissants canons envoient toujours plus haut dans le ciel. A bout de forces, tels de petits poissons perdus dans l'océan, nous nous laissons emporter par la foule, qui nous dépose face à d'inquiétantes créatures sorties tout droit de l'enfer.

 

 

 Ces suppôts de Satan se font fi de la froideur mordante de l'air, ils bondissent quasi nus en agitant leurs bras enflammés, dessinant autour d'eux des signes occultes. Malgré la fascination que provoquent chez nous ces danses magiques, nous trouvons encore le courage de fuir. Nous entendons alors, provenant de derrière une butte, des hurlements de panique. Malgré la peur qui nous tenaille, nous ne résistons pas à la curiosité d'aller jeter un coup d'oeil. Ce que nous voyons alors nous horrifie encore plus.

 

 

Des hommes, des femmes, des enfants sont pendus à une roue géante et hurlent à la mort, tandis qu'ils sont secoués comme de vulgaires pommiers. Un peu plus loin, de jeunes hommes assouvissent leurs instincts de prédateurs en vidant les chargeurs d'immenses carabines sur d'innocentes peluches. Ailleurs, des bébés sachant à peine marcher se crèvent les yeux à coups de canne à pêche. C'est bien plus que ce que nos coeurs d'international students, pourtant habitués à subir de pires chocs, ne peuvent supporter. Nous pressons donc le pas et nous replongeons dans l'obscurité glaciale.

 

Or, alors que nous rejoignons la lumière et nous fondons dans la foule, celle-ci se fige soudain, les visages tournés vers le ciel, et hurle à la pleine lune :

five...

four...

three...

two...

one...

 

 

Dans un sifflement assourdissant, des gerbes de feu s'élèvent dans la nuit et explosent en mille couleurs. Sentant nos poitrines vasciller sous la violence du choc, nous crions : "oh !", "ah !". Le Parlement brûle ! Le roi est mort ! L'anarchie reigne, en cette nuit du 5 novembre 1605. Guy Fawkes et ses complices catholiques ont  réussi : le Royaume protestant est à terre ! 

 

Mais voici que, malgré le vacarme des explosions et les hurlements de la foule, s'élèvent des chants d'enfants. Comme un seul être, la population s'empare de Guy Fawkes et y met le feu, comme ce dernier a autrefois tenté d'enflammer le gouvernement. On brûle le Traitre dans les rues. Les enfants l'encerclent en riant et joignent aux crépitement du feu une comptine désormais célèbre :

 

Remember, remember, the 5th of November,

Gunpowder Treason and plot.

I know of no reason

Why the Gunpowder Treason

Should ever be forgot.

Guy Fawkes, Guy Fawkes,

It was his intent,

To blow up the King and the Parliament. 

Three score barrels of powder below,

Poor old England to overthrow.

By God's providence he was catched,

With a dark lantern and burning match.

Holloa boys, holloa boys, let the bells ring,

Holloa boys, holloa boys, God save the King!

Hip hip, hoorah! 

Hip hip, hoorah!

jeudi, 05 octobre 2006

Ni-hao !

Je ne peux pas parler de cette année erasmus à Bath sans faire un post, même court, sur les Chinois. Ils forment la moitié des international students de l'université, pourtant on parle peu d'eux. Pourquoi ? Parce que niveau intégration, ils sont pires que les Français : ils restent entre eux et parlent trop souvent leur langue maternelle. Mais je suppose que c'est parce que la vie ici doit être bien plus déroutante pour eux que pour un Européen. 

 

Alors l'université fait tout pour que le culture shock ne soit pas trop dur pour eux. Ainsi, dès la rentrée, la banque HSBC, qui pourtant prétend connaître le monde comme sa poche, a dû laisser sa place à une entreprise qui doit faire de bien meilleures affaires sur le campus : une épicerie chinoise !

 

 

 

 

On y trouve des pots en verre, des pots en carton, des pâtes de toutes les formes, mais c'est tout ce que je peux vous dire car tout est écrit en chinois !

 

 

 

On y trouve aussi une vendeuse très gentille qui a accepté que je prenne sa boutique en photo :-)

 

A défaut de connaître les Chinois, on les commente. Une fille se plaint que les cinq Chinois de son kitchen group font du bruit jour et nuit. Ils passent leur vie à la cuisine, se retrouvent tous dans une même chambre et discutent jusque tard dans la nuit en laissant la porte ouverte...

 

Pour ma part, je n'ai eu l'occasion de discuter avec des Chinois qu'une fois and it was a lot, lot of fun!  On était à un barbecue, mon kitchen group et un autre kitchen group, formé lui aussi d'Allemands et de francophones. Comme toujours, tout le monde discutait avec tout le monde et on s'est retrouvés, une Allemande, une Française et moi, à discuter avec un groupe de cinq Chinoises très sympa et pas du tout timides !

 

Vous allez croire que je caricature mais laissez-moi vous les décrire : elles se tenaient en ligne, épaule contre épaule et faisaient toutes une tête de moins que nous. Elles riaient tout le temps et en même temps, ce qui me faisait exploser de rire à mon tour :-D Mais surtout, elles trouvaient tout "luvlay!". 

"Oh, tu es Allemande ! Comme c'est lovely ! C'est génial ! Je vais apprendre l'Allemand cette année !"

"Oh tu t'appelles A-dou-lin ! How lovely! A-DLI-YN !"

Et elles essayaient toutes de prononcer mon prénom. Je savais que c'était faisable pour un Allemand, difficile pour un Anglais, eh bien c'est impossible pour une Chinoise ;-)

 

Ensuite, on a approfondi notre connaissance des langues. On a appris à dire "bonjour" en Allemand (Halo !), puis en Français. J'ai essayé d'expliquer aux Chinoises les différences régionales dans la prononciation de "bonjour", car l'autre Française était de Reims et prononçait avec l'accent du nord, mais elles n'étaient pas encore assez expertes pour saisir ce genre de subtilité. Quant à moi j'ai appris à le dire en mandarin : "Ni-hao !" J'avais aussi appris à dire "je t'aime", c'était pas dur, pourtant j'ai oublié :-(

 

Petite précision : j'ai dit précédemment que les Chinois étaient comme les Français en matière d'intégration, mais ça ne veut pas dire qu'ils sont nuls en langues ! Pour l'instant, tous les Chinois que j'ai rencontrés parlaient un Anglais quasi parfait. J'ai eu un début d'explication grâce aux filles, qui m'ont dit que leur lycée de Shanghai était un lycée anglais. Elémentaire, mon cher Wang-Song !

vendredi, 29 septembre 2006

La courbe W

J'aimerais vous raconter tellement de choses, il y a tant de changements qui nous arrivent. Ainsi, dans notre kitchen group (notre collocation, si vous préférez), nous sommes relativement tendus. Pour ma part, je ne m'en aperçois pas dans la journée, mais je le sens en rentrant dans ma chambre le soir : j'ai mal partout, je ne tiens pas en place et j'ai envie de crier, de taper dans quelque-chose... Je sais que dire cela me fait passer pour un fou, mais je suis sûr que tous les international students ressentent la même chose.

Hier par exemple, la tension était palpable dans le groupe. Ce qui devait être un repas en commun a failli tourner à la bataille générale quand l'un de nous (je ne citerai personne !) a lancé que c'était toujours difficile de cohabiter avec des Allemands, parce qu'ils avaient un sens de l'organisation très "technique". Ca m'a fait penser à la célèbre scène de L'auberge espagnole, quand le frère de Wendy sort des généralités toutes plus choquantes les unes que les autres sur les Allemands, jusqu'à ce que le colloc' allemand lui en colle une. Mais là, il n'y avait aucun public pour en rire...

Heureusement, à l'International Office, ils nous ont distribué un papier sur le culture shock qui explique que ce genre de situation est tout à fait normal et se reproduira certainement. C'est parce que toutes les nouveautés que nous rencontrons ne changent pas simplement nos habitudes mais aussi notre personnalité, je dirais même notre identité. Prenons la langue, par exemple. Une règle tacite veut que lorsqu'il y a des personnes de nationalités différentes dans une même pièce, tout le monde parle anglais. Ainsi tout le monde se comprend et chacun peut s'immiscer dans une conversation sans trop de difficultés. Du coup, nous ne pratiquons que très rarement notre langue maternelle. Concernant les Allemands, je dirais même qu'ils ne la pratiquent plus du tout, car même quand ils sont entre eux et seulement entre eux, ils parlent anglais ! Ils sont fous ces Allemands !

Par conséquent, la langue maternelle devient une langue interdite, clandestine, que l'on n'emploie plus que dans nos pensées, ou pour téléphoner à nos familles. C'est assez difficile, parfois notre esprit a un réflexe de résistance. Par exemple l'autre jour, j'ai passé un paquet de feuilles à distribuer à Bastian, un Allemand, en lui disant : "Tiens, mais fais gaffe car je crois qu'il n'y en aura pas assez pour tout le monde". Il m'a regardé d'un air perplexe, je l'ai regardé d'un air perplexe et trois bonnes secondes se sont écoulées avant que je réalise que je venais de lui parler français :-)

 

 

Parmi les explications que donne la brochure sur le culture shock, ils expliquent les phases psychologiques par lesquelles on risque fort de passer dans les prochains mois. Pour plus de simplicité, ils ont dessiné une courbe que les spécialistes appellent la "courbe W" :

1. La phase "honeymoon" : très courte, elle correspond à l'arrivée en Angleterre. On est totalement désorienté mais très curieux et enthousiaste. Dans mon cas, elle a duré même pas deux jours.

2. La phase de "désintégration" : c'est la phase descendante, celle par laquelle je passe en ce moment. On est obligé d'abandonner ses repères et l'image idéale qu'on voulait donner de soi. C'est une phase de colère, d'angoisse ou de déprime. Mais se remettre en cause fait aussi beaucoup de bien. Paradoxalement, ça me détend :-)

3. La phase de "réintégration" : c'est la phase ascendante de "reconstruction". On établit des règles communes, on apprend à se connaître avec nos qualités et nos défauts et des amitiés se nouent. Ca demande beaucoup d'efforts mais la récompense se retrouve au quotidien.

Au bout de la 3ème phase, on pourrait croire à un happy end. Mais si vous suivez bien, jusque là, la courbe ne dessine qu'un V. Or voici qu'arrivent les vacances de Noël, avec de nouveau un déracinement et une nouvelle prise de repères dans un ancien chez soi qui n'est plus "chez moi"... Et le W est achevé !

J'espère ne pas avoir fait une présentation trop pessimiste de l'année qui vient. Déjà, la phase de désintégration est pleine d'espoir car on apprend à se connaître mutuellement, on revoit ses préjugés. De plus, la brochure sur le culture shock nous donne quelques conseils pour passer cette étape dans les meilleures conditions : être francs les uns envers les autres, parler d'un problème dès qu'il se présente, garder des repères essentiels, tels que nos plats préférés, notre musique préférée, des objets qui nous rappellent notre famille ou nos amis...

Ainsi, pour ma part, j'ai réalisé que ce qui me désolait le plus depuis que je suis arrivé était que je ne me sentais pas chez moi dans l'appartement où je vivais, pas même dans la chambre où je dormais. "Chez moi" était encore à Toulouse. Alors un soir de déprime, j'ai décidé que je ne me coucherais pas tant que je ne me serais pas approprié cette chambre. J'ai donc enlevé de leur unique étagère les souvenirs que j'avais apportés de France et je m'en suis servi pour décorer l'ensemble de ma nouvelle chambre. Faites-moi penser à rapporter plus de ces objets après les vacances.



 



A gauche, c'est une tenture représentant Bob Marley. Je suis pas vraiment fan, par contre j'adore l'odeur qu'il porte. C'est l'odeur de chez Marie, une odeur d'encens mêlée à autre chose, une bonne odeur, mais je n'arrive pas à savoir ce que c'est. Ca me rappelle les "grands" débats et les délicieux repas qu'on a eus chez elle.
A droite, sur mon armoire, j'ai collé les photos de ma famille, une pour celle de mon père et une pour celle de ma mère. Heureusement, j'ai eu la présence d'esprit de les imprimer la veille de mon départ, parce que ce n'est pas pareil de les regarder sur l'écran d'un ordinateur.



 



Il faut lire PACE sur le drapeau, avec l'accent italien. Il date du grand mouvement pour la paix, juste avant la guerre en Irak. Il ne me rappelle rien de particulier, je l'avais pris parce qu'il était très léger et ne prenait pas de place dans mon sac. Je lui ai tout de même trouvé une mission : cacher ces vilaines étagères vides et apporter un peu de couleurs à cette chambre mal éclairée.



 



Désolé les filles, j'ai un peu mis en désordre l'album photo que vous m'aviez offert. Voir une seule photo à la fois, c'était pas suffisant pour moi. Donc je les ai toutes sorties et je les ai scotchées au-dessus de mon bureau. Je passe parfois plusieurs minutes à en contempler une, juste pour me rappeler où c'était, ce qu'on a fait et ce qu'on s'est dit.



 



On ne le voit pas très bien, mais c'est un galet de verre avec un petit bateau et mon prénom peints dessus. A première vue, il peut paraître ridicule et il m'aurait paru ridicule s'il ne venait pas d'une amie qui m'est chère. Alexandra me l'a offert après les vacances d'été. Vous ne pouvez pas savoir ce que ça signifie si vous ne savez pas qu'Alex aime bien faire des petites cadeaux au moment où vous vous y attendez le moins, en disant simplement d'un air détaché : "Je passais par tel magasin et j'ai vu ça, alors j'ai pensé à toi et je me suis dit que ça pourrait te faire plaisir..."





Ca c'est le photo-montage que m'a offert Carine. Il me permet de voir plusieurs sourires à la fois, des sourires de vraie amitié, pas les sourires de façade que je vois trop souvent depuis que je suis ici. Quand je n'ai plus le courage de sortir pour "affronter" le monde extérieur, je les regarde, je prends une grande inspiration et je me lance !

Je peux vous paraître nostalgique ou amer, mais je ne le suis pas du tout. J'ai juste besoin de me donner du courage le matin, de l'espoir aussi, pour me souvenir de qui je suis et surtout de qui je peux être. Je ne suis pas simplement Adrien le timide, le silencieux, le maladroit. Je peux aussi être généreux, compréhensif et intéressant. Il faut juste que je trouve le meilleur moyen de le révéler aux autres. Ce n'est qu'une question de temps...