lundi, 14 mai 2007
Dans le couloir de la mort
Quand le réveil a sonné, ce matin à huit heures, je l'ai éteint et je me suis rendormi. Ce n'est que vers midi et demi, lorsqu'un gargouillement primitif m'a tordu l'estomac, que mon corps apathique a accepté de se traîner jusqu'à la douche.
Cette nuit, j'ai fait un cauchemar. Un cauchemar qui a tué la dernière lueur de courage qui vivait en moi, Français qui veut se lever tôt.
Je me trouvais dans une sompteuse salle de réception, entouré de chercheurs très cultivés et très élégants, qui s'échangeaient leurs dernières théories en dégustant de délicieux petits fours. Réfugié près du buffet, j'essayais de les imiter.
Mais lorsqu'on me demanda quelle découverte extraordinaire j'avais faite, je restai muet. Lorsque, dubitatif, l'on s'enquit du nombre de pages que j'avais écrites, je me rabougris. Devant un tel aveu d'incompétence, tous finirent par m'ignorer, car je n'étais pas digne du divin monde des Intellectuels.
Celles et ceux qui me connaissent l'auront compris, mon mémoire d'Histoire s'invite désormais jusque dans mon sommeil. Pourtant, dès le début, j'ai essayé de jouer franc jeu avec lui : je lui consacre toutes mes matinées à la bibliothèque. Le reste du temps, il est censé me ficher la paix !
Or les choses se passent rarement comme prévu. Il est vrai que c'est moi qui ai commencé les hostilités, en tardant à démarrer mes recherches. Mais il a riposté en débordant sur les mardi et vendredi après-midi, aux moments où j'étais censé rédiger un essay ou préparer un exposé.
Résultat : des notes bien inférieures à celles de mes camarades de première année, et une motivation plus grande à dévorer le dernier numéro du Guardian qu'à feuilleter un énième bouquin d'études culturelles sur les relations entre médias et pouvoirs.
Alors, avec quel autre sentiment qu'une profonde angoisse est-ce que je pourrais considérer les trois semaines qui me restent ? Quels prétextes vais-je trouver pour me justifier devant mes congénères de Master, devant mon directeur de mémoire, devant le jury ?
Mon seul recours, c'est la débrouille. Je me souviens de ces longues heures passées assis dans un coin d'Ombres Blanches ou de la Manufacture, à observer les collègues de mon père faire état de leurs recherches d'une voix grave et assurée, glissant de temps à autre un calembour rabelaisien pour que ça passe mieux. Voilà des exemples à suivre !
Ou alors, je pourrais enfin mettre à profit toutes ces heures passées en classe prépa à apprendre comment traiter des sujets que personne ne maîtrisait. "N'avouez jamais que vous ne savez pas, nous conseillait souvent Monsieur Ruiz, vous savez tout. L'important, c'est de vous en convaincre et d'en convaincre ceux qui vous écoutent." Voilà un vrai Intellectuel !
Malheureusement, ce qui risque fort de se passer lorsque je présenterai mon mémoire, c'est ce qui s'est déjà produit dans mon cauchemar. Je ne résisterai pas longtemps aux questions de l'Inquisition : "A quelle école de pensée vous rattachez-vous ?", "Avez-vous bien lu les livres dont vous nous parlez ?", "Mais pourquoi votre étude de cas porte-t-elle sur seulement vingt articles ?!"
Quant au verdict, bien des compagnons de galère l'auront entendu avant moi : "encore un qui était parti en erasmus pour faire la fête !" chanteront en choeur mes bourreaux sans âme.
17:50 Publié dans De grenouille en fourmis | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : études, rêve, interprétation, mémoire, recherche, master, histoire
mardi, 01 mai 2007
Coup de soleil
Ca y est, j'ai quelque-chose à raconter ! Aujourd'hui, j'ai attrapé un coup de soleil. Ouais, un vrai qui brûle, qui pique, comme une première bronzette sur une plage méditerranéenne. Voyez plutôt : il fait un temps magnifique. Les garçons ont sorti les bermudas, les filles leurs (courtes) robes d'été et, alors que la période d'examens approche, l'université résonne aux claquements des flip-flaps sur le béton.

Si je n'ai attrapé mon coup de soleil que cet après-midi, c'est parce que je passe le reste du temps enfermé dans cette maudite bibliothèque que vous voyez au fond. Eh oui, je cours toujours aussi désespérément après mon mémoire. Et en cette dernière semaine, les exposés, essays et examens s'accumulent. Alors le premier qui dit que les erasmus ne fichent rien... :-[
Allez, à bientôt pour un prochain scoop ;-)
21:55 Publié dans De grenouille en fourmis | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : angleterre, anglais, été, soleil, bibliothèque, mémoire, études
vendredi, 19 janvier 2007
Le Jugement Avant-Dernier
Aujourd'hui, j'ai passé mon premier examen écrit. C'était des British Politics, deux questions en deux heures. Je pense m'en être plutôt bien sorti, principalement parce que... je connaissais déjà les questions :-D Non, je n'ai pas triché ! J'ai simplement consulté les questions des examens de ces trois dernières années, comme nous l'avait conseillé le prof, et j'ai repris les problématiques des cours que l'on a eus.
C'est ainsi que je me suis aperçu que les mêmes questions revenaient constamment :
1. Le système électoral first-past-the-post est-il adapté à la vie politique d'aujourd'hui ?
2. En quoi le Royaume-Uni est-il un "partenaire maladroit" en Europe ?
3. Tony Blair a-t-il "présidentialisé" la fonction de premier ministre ?
4. En quoi les médias déterminent-ils l'opinion publique ?
5. Le bipartisme britannique existe-t-il toujours ?
D'autres, moins fréquentes, risquaient moins d'être posées. Pour info, j'avais pris la 4 en essay, et à l'examen j'ai pris la 3 et la 5.
Mon prof d'éco a fait plus simple : il nous a directement donné les questions qui nous seront posées, en ayant tout de même la prudence de présenter chacune d'elle par "Il se pourrait bien que l'on vous demande..." avec un sourire jusque-là. Mais mon prof d'éco est dans une situation particulière, il est sur un siège éjectable. Je vous raconterai, un jour, peut-être.
J'ajouterai à cela qu'aucun de mes profs n'exige de méthode de rédaction précise : "Pensez au moins à écrire une introduction et une conclusion de quelques lignes. Et si je peux vous donner un conseil, n'hésitez pas à prendre cinq petites minutes au tout début pour structurer votre argumentation. Ca vous fera gagner quelques points" nous avait conseillé notre prof de Politics. Quand j'ai entendu ça, moi, l'ancien littéraire, qui ai appris à faire des plans hyper-détaillés avec problématiques, transitions et tutti quanti, j'étais prêt à crier à l'hérésie.
Mais comment se fait-il que les Anglais négligent autant l'écrit ? me demandez-vous. Je n'ai pas de réponse certaine, mais à en croire l'expérience de Marion et Sophie, stagiaires de l'IUFM dans une école maternelle de Northampton, il semblerait que les Anglais accordent plus de place à l'apprentissage par l'oral que les Français. Or, paradoxalement, l'oral n'est pas ou très peu noté !
Pourquoi ? Peut-être grâce à un esprit de compétition plus développé, qui ne nécessite pas de sanction par une note. Exemple :
- Mais pourquoi tu veux qu'on révise encore une fois notre présentation ? demandai-je un jour à ma partenaire de seminar. On sera même pas notés ! Je suis sûr que ça va être comme la dernière fois : le prof va faire débattre les groupes les contre les autres jusqu'à ce qu'il en déclare un gagnant, simplement parce que les arguments de celui-ci lui auront plu. Je trouve ça totalement inutile et arbitraire ! (Voir Leçon de démocratie)
- Je sais, m'a-t-elle répondu en souriant, mais j'aime gagner.
Et elle n'était pas la seule. Voyez plutôt l'article "Le système de la carotte" de Marion.
Allons bon, voilà que je pars dans le hors-sujet et que mes lecteurs-correcteurs s'impatientent. Je risque une mauvaise note et des commentaires cinglants ;-) Pour vous récréer, voici donc une photo paparazzi de la salle d'examen... en plein examen ! Je l'ai prise cet après-midi, juste avant que l'un des supervisers, qui me scrutait d'un air soupçonneux, ne commence à se diriger vers moi en fronçant les sourcils. C'est celui avec le T-shirt orange en haut à gauche. Il vous regarde, faites-lui coucou !

Le superviser orange se trouve exactement dans la section où j'étais ce matin. Je me souviens avec quelle efficacité tout avait été organisé. A 9.15, ils nous ont laissé entrer dans la salle, à 9.32, l'examen commençait. Quand je pense qu'il faut plus d'une demi-heure pour tout préparer au Mirail ! Puis à 11.32, le superviser a déclaré, sans crier, que c'était terminé, pile au moment où je me lançais dans mon dernier argument : "However, it appears that" :-(
En France, j'aurais passé la cinquième vitesse et quand on m'aurait crié pour le Nième fois que c'était fini, je me serais exclamé : "Mais monsieur, j'ai pas fini ma phrase !" C'est vrai, quoi, on ne conclut pas un essay par "However, it appears that" ! Mais, en territoire Anglais, mon instinct d'international student m'a dicté de faire comme les autres, sans broncher : j'ai posé mon stylo, j'ai croisé les bras et j'ai attendu que toutes les copies aient été relevées avant de quitter mon siège.
Voilà, le cours d'aujourd'hui est fini, c'est la récré ! Allez, pour terminer, je vous soumets un petit jeu. Aujourd'hui, j'ai reçu ma première note (59 %), qui sanctionne mon essay sur les médias. Celle-ci était agrémentée d'un commentaire... en écriture de médecin :-( J'aurais donc besoin que vous déchiffriez le mot suivant :

Besoin d'un indice ? Il est inclus dans la phrase : "I am a little concerned that you only relied on ??? sources" J'attends vos suggestions !
20:25 Publié dans De grenouille en fourmis | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : études, examen, partiel, résultat, université
jeudi, 05 octobre 2006
Premiers cours
"Alors, comment se passent les cours ?", "C'est pas trop dur ?". Tout le monde me demande ça sur MSN ! Je me suis donc dit qu'il était urgent que je fasse un post sur mes premiers cours pour assouvir votre curiosité ;-)
Cette semaine (week 1) et la semaine qui vient (week 2) sont consacrées à la découverte des cours. On peut donc aller à tous les lectures (cours magistraux) que l'on veut sans s'inscrire ! Ce n'est qu'à partir de la week 3 que les groupes pour les seminars (travaux dirigés) seront arrêtés. Je me suis donc fait une petite liste de cours, auxquels j'ai assisté cette semaine, et voici ceux que j'ai retenus :
Lundi après-midi : Economie du monde moderne
Jeudi matin : Sciences politiques de la Grande-Bretagne
Jeudi après-midi : Concepts clés des sciences politiques
Vendredi matin : Sociologie des sociétés modernes
Ce ne sont que les lectures, je ne connais pas encore exactement les horaires de mes seminars. Certains cours auxquels j'ai assisté ou auxquels je devais assister collaient mieux à mon sujet de mémoire, mais soit ils sont trop simples (Etude de l'Europe), soit ils tombent en même temps qu'un cours plus important (La société de la Grande-Bretagne moderne).
Le tout premier cours auquel j'ai assisté était celui sur l'économie du monde moderne. J'ai vraiment été impressionné par la salle : on s'installe dans des fauteuils en mousse style fauteuils de cinéma, le prof nous parle avec un micro-cravate tout en s'aidant de sa présentation par ordinateur, projetée sur écran géant. Au départ j'ai pensé que c'était parce que je me trouvais dans le plus grand amphi de la fac, qui soit dit en passant, est tout petit face à l'amphi 8 de l'université du Mirail ;-) mais en fait, tous les amphis sont dotés d'un système de son et d'une salle de projection.
Les profs utilisent tous une présentation par ordinateur durant leur cours, ce qui est vraiment pratique pour moi quand je comprends rien à ce qu'ils racontent, c'est à dire la plupart du temps ;-) D'un côté, ça change de nombreux profs du Mirail qui se contentent de lire leurs feuilles sans rien écrire ou projeter au tableau, mais de l'autre ça n'incite pas les élèves à essayer de comprendre ce que le prof veut dire, plutôt que de noter bêtement ce qui est écrit à l'écran.
Il y a une autre pratique ici que j'ai rarement trouvée en France, c'est la communication entre le prof et son auditoire, en plein cours magistral. Je ne sais pas pourquoi, mais tous les profs ont la manie de lancer des sondages. Ils s'arrêtent soudain de parler et disent "Combien d'entre vous ont déjà étudié ce sujet ?", "Qui a déjà participé à une association ou un parti ?", etc. Certains profs lancent même un mini-débat, du genre : "Vaut-il mieux qu'un pays dépense plus pour sa force militaire ou pour l'éducation de ses enfants ?". Ca crée une véritable sympathie entre le prof et ses élèves, d'ailleurs en général une blague n'est pas loin : "Quand Kennedy a dit son célèbre 'Ich bin eine Berliner', il ne se doutait pas que les Berlinois comprendraient 'Je suis un donut'" :-D De source fiable, je peux confirmer qu'il y a une pâtisserie allemande qu'on appelle berliner.
C'est le prof d'étude de l'Europe qui a sorti cette blague. Un mec marant et théâtral. J'ai trouvé son cours très intéressant, non parce qu'il m'a fait découvrir quoi que ce soit de nouveau sur la question, mais parce qu'il m'a appris beaucoup sur l'énorme différence entre la perception française et la perception britannique de l'histoire. Ainsi, selon le prof, si la France et l'Allemagne ne se sont pas entretuées plus tôt qu'en 1914, c'est grâce à la bienveillance du Royaume-Uni, qui affaiblissait toujours le plus menaçant. Autre exemple : selon le prof, si l'Union européenne a tant de mal à s'entendre sur une politique étrangère commune, c'est parce que le Royaume-Uni est tellement puissant qu'il arrive à l'empêcher à lui tout seul :-D
Le prof d'étude de l'Europe n'était pas le seul à avoir une vision caricaturale des choses. Ainsi, certains sujets de travail en groupe sont terriblement biaisés. Je ne vous donne que mon préféré :
"Vous êtes un groupe d'étudiants activistes et vous cherchez le meilleur moyen de faire de l'université une société communiste. Vous expliquerez à vos camarades quel est votre plan d'action"
:-D Trop facile ! Premièrement, prenez une réforme du gouvernement et caricaturez-la au maximum, pour qu'elle rentre dans votre vision d'un monde dominé par un libéralisme impitoyable. Ensuite, bloquez l'université, excepté son plus grand amphi. Ainsi, lorsque les étudiants vous hurlent après parce que vous portez atteinte à leur liberté d'étudier et bla bla bla, répondez-leur avec un aplomb inébranlable qu'ils n'ont qu'à aller à vos assemblées générales deux fois par semaine, de quatre heures chacune, pour qu'ils se plient à votre vision de la démocratie. Avec un peu de chance, le gouvernement sera même assez bête pour jouer le passage en force ;-) Mais si je faisais un tel exposé, mes profs ne seraient pas les seuls que vous pourriez accuser de caricature ;-)
Bilan : au début de la semaine, je pensais que tout ce déploiement d'humour, de sympathisation avec le public, de présentations hi-tech, etc. bref, tout ce spectacle, étaient une ruse. Après tout, il était compréhensible que les profs cherchent à "vendre" leur cours, en le rendant divertissant et facile à suivre, pour qu'on s'y inscrive. Mais en réalité, ça semble être un comportement assez habituel ici : les étudiants (ou plutôt leurs parents) ont payé très cher pour être ici, ils attendent donc un service de qualité, qui corresponde à leurs besoins mais aussi à leurs envies. Quant aux profs, ils ont une réputation à tenir.
19:00 Publié dans De grenouille en fourmis | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : études, cours, classe, erasmus
mardi, 11 juillet 2006
Calendrier 2006/2007
Pour m'occuper, j'ai établi un petit comparatif entre le calendrier universitaire de Bath, le calendrier universitaire/scolaire de Toulouse et le calendrier universitaire de Versailles. Voici ce que ça donne :
Bath :
Rentrée : 25 septembre
Christmas to New Year : du 15 décembre au 8 janvier | 3 semaines
Easter hollidays : du 23 mars au 16 avril | 3 semaines
Vacances d'été : à partir du 1er juin
En France :
Rentrée :
- 1er septembre pour mes parents et mon petit frère
- 13 septembre pour Carine, qui est à l'IUFM
- 18 septembre pour Marie et Célia, qui sont à l'Arsenal
- 25 septembre pour Jessica, qui est à l'université de Versailles
- 23 octobre pour Alexandra, qui est au Mirail
Vacances de la Toussaint pour mes parents et mon petit frère : du 25 octobre au 6 novembre | 2 semaines
Vacances de Noël : du 23 décembre au 8 janvier | 2 semaines
Semaine de réorientation au Mirail : du 27 janvier au 5 février | 1 semaine
Vacances de février :
- du 10 février au 26 février pour mes parents et mon petit frère | 2 semaines
- du 17 février au 26 février dans les universités | 1 semaine
Vacances de Pâques :
- du 31 mars au 16 avril pour les Toulousain(e)s | 2 semaines
- du 7 avril au 23 avril pour Jessica | 2 semaines
Vacances d'été :
- à partir du 19 mai pour les étudiantes toulousaines
- à partir du 9 juin pour Jessica
- à partir du 4 juillet pour mes parents et mon petit frère
Autrement dit, les seules vacances qu'on a en commun sont les vacances de Noël et les vacances de Pâques ! Vacances dont je profiterai pour rentrer à Toulouse.
Donc quand vous viendrez me voir, chèr(e)s ami(e)s, chère famille, ça ne pourra être que durant vos vacances, pas les miennes :-( Veinard(e)s !
19:40 Publié dans De grenouille en fourmis | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : études, erasmus, érasmus
