mardi, 29 mai 2007

Ils me manquent déjà

 

Voici un mignon petit écureuil que j'ai filmé vendredi, alors que je me promenais dans Victoria Park. Qu'est-ce qui m'a pris d'aller photographier les écureuils ? Eh bien ce jour-là, j'ai eu une nouvelle crise. Une crise de mal du pays. Or cette fois, ce n'était pas la France qui me manquait.

 

C'était un jour comme les autres. J'étais installé à mon bureau à réfléchir à un moyen rapide de noiricir les trente pages blanches qu'il me reste de mon mémoire, tout en écoutant University Radio of Bath, pour ne pas entendre le bruit de la route et mon voisin qui parle tout seul. Bref, un jour comme les autres.

 

Mais soudain, les premiers symptômes sont apparus. Perte de concentration. Rêvasseries. Flash-backs. Tristesse. Envie de rien. Sommeil. Grâce à ma longue expérience d'étudiant international, j'ai identifié le mal et immédiatement appliqué le remède adéquat : j'ai laissé tomber mon mémoire pour quelques minutes et je suis parti surfer sur YouTube, EUObserver et autres réjouissances.

 

Mais quand j'ai décidé de me remettre au travail, rien à faire, mon esprit restait ailleurs. Je repensais à mes premiers jours ici, mes aventures à Sainsbury's, mes promenades dans la région, la galère pour ouvrir un compte en banque, les kitchen parties, le stress des examens, l'art de prononcer les "t" et les "l", mes quelques conversations politiques avec des Chinois, etc., etc., etc.

 

J'étais incapable de reprendre le contrôle de mes souvenirs, comme au temps où je repensais à mes escapades à vélo dans la Ville Rose, aux soirées ratées du C7 et aux stands d'Amnesty dans les universités de Toulouse. Alors je suis sorti errer dans la ville thermale, pour me rafraîchir les idées. J'ai remonté la rue principale jusqu'au parc. Je me suis assis sous un arbre et... j'ai photographié les écureuils :-P C'était une des nombreuses choses que j'avais oublié de faire, cette année.

 

Depuis, comme dit la chanson d'amour : "je suis malade, je suis malade, mais ce n'est pas au corps que ça fait mal" (Sidi Hbibi)

 

Tiens, si je pouvais rester plus longtemps à Bath, j'apprendrais cette chanson à la réincarnation de Bob Marley, qui anime tous les jours la rue principale de Bath par ses "Baffalo soldia !!!" approximatifs. Contre une modique rétribution, il se laisse toujours prendre en photo :

 

 

 

 

Lui enseigner ma complainte de l'étudiant international aurait été mon modeste leg à la communauté de Bath, qui aimerait bien l'entendre changer de disque de temps en temps !

mardi, 20 mars 2007

Je veux rentrer !

:-( Je veux rentreeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeer !

 

:-) Allons bon, voilà que la girouette change de musique (voir "Je veux pas partir !") Allez, courage, plus que quatre jours avant les vacances !

 

:-( Nan, je veux rentrer tout de suite. Toulouse me manque trop. Je veux revoir ma famille, je veux revoir mes amis, je veux entendre parler français avé l'accent du Sud !

 

:-) Pfff, ça fait deux mois et demi que tu me fais tous les jours le même caprice. Tu peux bien attendre encore un peu, non ?

 

:-( Non. Un peu, c'est trop. Les profs se précipitent pour nous donner des devoirs et tous mes camarades de seminar veulent qu'on se rencontre pour préparer la rentrée. Moi je veux préparer les vacances !

 

:-) Ne crois pas que tu vas te reposer pendant trois semaines. Je te rappelle que tu dois rencontrer ton directeur de mémoire et aller à la bibliothèque.

 

:-( Mais ça, ça me prendra que quelques après-midis. Et puis il y a une grande différence entre travailler son mémoire à la bibliothèque du Mirail, en contemplant les A380 qui planent majestueusement dans le ciel, et travailler son mémoire à la bibliothèque de Bath, entouré de first year qui se racontent leur dernier bourrage de gueule au téléphone.

 

:-) Pas de discrimination anti-first year, s'il-te-plaît. Les second year ne sont pas meilleurs ;-)

 

:-( Je ne parle pas que de l'université. Depuis quand tu ne t'es pas assis dans un canapé ? Ca ne te manque pas de te laisser tomber sur un gros coussin douillet, d'allumer la télévision et de regarder l'émission la plus débile que tu puisses trouver ?

 

:-) Honnêtement, si. Ca me manque aussi de ne pas être nourri, logé et blanchi sans avoir à lever le petit doigt. Mais ça, c'est terminé. Si tu en as déjà marre de passer tes weekends à faire les courses, faire la lessive, passer l'aspirateur, laver les vitres et préparer à manger pour la semaine suivante, pense que ça sera comme ça toute ta vie...

 

:-( Ben justement, une petite pause de temps en temps, ça n'a jamais fait de mal à personne, con !

vendredi, 26 janvier 2007

See you soon ?

Ce matin, Martin eut le triste honneur d'être le dernier de mes collocataires et de mes amis à quitter Carpenter House pour toujours. Quelques heures à peine après son départ, les nouveaux arrivaient. Retour sur une semaine pas comme les autres...

 

Lundi soir, c'était farewell dinner dans notre cuisine. Les étudiants de HEC, c'est à dire Youssef, Thomas et Vincent, partaient le lendemain à l'aube. Et comme Martin et Stefan avaient un partiel le lendemain, on ne pouvait pas faire une big party. Alors, comme au premier jour, nous sommes allés à Sainsbury's acheter de quoi nous préparer un délicieux repas. Et comme au premier jour, nous n'arrivions pas à décider du menu ! (voir My kitchen group)

 

Or, le premier jour nous ayant tout de même servi de leçon, nous n'avons pas passé une heure à nous engueuler entre le rayon "bacon" et le rayon "soupes en sachet", mais un simple quart d'heure à négocier chaque aspect du problème. Ainsi, de retour à Carpenter House, nous nous affairions dans la cuisine à préparer une salade composée, deux poulets-pommes de terre et une charlotte aux poires. Bilan : Vincent nous a fait mourir de rire avec ses blagues et Thomas s'est saoulé au vin allemand. Bref, un régal !

 

Vers 10 pm, il était temps d'aller dire aurevoir à notre autre amie, Jojo. Thomas, Vincent et moi l'avons retrouvée au Rat & Parrot en compagnie d'Allemandes, d'un Espagnol et, accrochez-vous bien, d'une Anglaise ! Une vraie de vraie ! Je n'ai pas eu l'occasion d'échanger le moindre mot avec elle, mais elle avait l'air sympa. On s'est tous groinfrés de bonbons, on a parlé de choses et d'autres puis, à minuit, les bimbo-barmaids on sonné la cloche : il était temps d'aller se coucher !

 

Après les adieux gémissants entre Jojo et ses amies, comme les filles en ont le secret, Jojo, Thomas et moi avons regagné Carpenter House et nos chambres respectives. Enfin, à vrai dire, nous avions pris la décision d'aller nous coucher, mais nous nous sommes attardés à discuter dans la cuisine jusqu'à... 3h du matin ! Tous les souvenirs les plus émouvants y sont passés : notre vie d'avant, comment on s'est rencontrés, nos meilleurs moments, ce qui allait nous manquer... Mais on savait depuis le début que ça finirait comme ça, alors pas de pleurnicherie ni de regrets. Rien que des promesses de bonheur !

 

Evidemment, le lendemain à 7 am, nos cerveaux étaient moins prompts à philosopher. Pour ma part, j'aurais pu faire la grasse mat', mais ç'aurait été rater un moment important : les adieux à Youssef. Quand je pense à nos adieux d'avant les vacances de Noël, nos visages rouges d'émotion, nos rires gênés et les goodbye qui n'en finissaient plus, comme si nous n'allions pas nous revoir trois semaine après ! Les adieux définitifs de fin de semestre, eux, n'ont duré que cinq minutes : une poignée de main, un "see you soon" et zou pour de nouvelles aventures !

 

En réalité, personne n'aurait honte de le dire : ces adieux ont été des adieux heureux. Non seulement ç'a été l'occasion de nous souvenir de tous les bons moments que nous avions vécus ensemble, non seulement ceux qui partaient étaient impatients de retrouver leurs amis et leur famille, mais en plus ils avaient laissé en cadeau d'adieu sur la table de leur cuisine : toute la nourriture qu'ils n'avaient pas consommée. Autrement dit, maintenant on a de quoi survivre à trois semaines de siège ! Seul hic, dans le tas j'ai embarqué les réserves d'un Taïwanais qui ne part qu'en juin. Mais celui-ci n'ose pas venir les récupérer :-S

 

Enfin, cet après-midi, c'était au tour de Martin de faire ses adieux. Des adieux moins détendus en vérité, étant donné que lui, Stefan et moi avions nos derniers partiels le matin même. Mais après notre bref passage en enfer, nous sommes allés nous refroidir les neuronnes au Parade Bar, à la cafétéria et de nouveau au Parade Bar. Finallement, il a bien fallu nous résoudre à retourner à Carpenter House pour que Martin puisse récupérer ses bagages et nous quitter. Bah ! Il a dit qu'il viendrait nous voir en mai !

 

Une fois la nostalgie évacuée, il était temps pour Stefan et moi de penser à l'avenir en nous penchant sur une question sérieuse : de quelle nationalité vont être les nouveaux ? Déjà, un bref coup d'oeil à l'accueil de la résidence ne présageait rien de bon : les premiers arrivants étaient des Chinois. Or les Chinois, malgré un anglais quasi parfait, n'adressent jamais la parole à personne d'autre qu'à leurs compatriotes. Nous aurions préféré des native speakers (Américains, Canadiens, Australiens voire Britanniques), ou tout au moins de plantureuses Suédoises !

 

Afin d'établir des pronostics fiables, Stefan s'est donc lancé dans une enquête de terrain poussée, déambulant de couloir en couloir, frappant à toutes les portes pour découvrir qui se cachait derrière. Pour ma part, je me suis installé dans la cuisine avec mon thé au lait, mes cookies et un bon tabloïd bien vicieux, pour recevoir régulièrement les rapports détaillés de Stefan. Ainsi, en début de soirée, la bonne nouvelle est tombée : parmi les nouveaux, il n'y avait pratiquement que des native speakers ! Des vrais de vrais !

 

Ainsi, mon kitchen group, qui se résumait il y a quelques heures à peine à deux personnes, Catherine (la Chinoise) et moi (Stefan ayant déménagé et Doncho étant en Bulgarie), compte ce soir deux nouvelles arrivantes : Claire, qui est Canadienne, et... hum... Bidule, qui nous vient de Viriginie, Etats-Unis. Autrement dit, il se pourrait bien qu'en juin je vous revienne avec un accent américain pur jus ! Fancy !

jeudi, 11 janvier 2007

Spéciale dédicace

Coucou tout le monde ! Me voici de retour dans les contrées bathoises. J'ai été content de revoir toute la famille (le papa, la mama, le papé, la mamé...) et évidemment mes meilleur(e)s ami(e)s, même si ça a été en coup de vent et en effectifs très réduits. J'ai été flatté d'apprendre que j'avais une multitude de lectrices et de lecteurs silencieux, qui me suivent avec assiduité mais se gardent bien de commenter mes "oeuvres". Spéciale dédicace à eux. Mais surtout, spéciale dédicace à celles et ceux qui enrichissent mon blog de leurs remarques et notes d'humour : Maman, Srrrette, Elodie et toute la Adi Family. Continuez à lâcher vos coms, macarel !

 

Ah ! Mais je sens l'angoisse me saisir. On me met la pression. Combien d'adieux se sont terminés par un "dès que tu arrives, tu nous écris un article, hein ?" Et moi d'acquiescer bêtement. Or si à l'oral je m'abaisse, à l'écrit je proteste ! Et pourquoi donc je vous écrirais un article ? Qui vous dit que j'écris pour vous ? N'oubliez pas que ce blog s'adresse avant tout aux erasmus de mon acabit, attirés par la langue d'Elizabeth comme des grenouilles par le plus beau nénuphar de la mare aux canards. Peut-être certains de ces erasmus me lisent-ils... mais sans commenter :-( Spéciale dédicace d'encouragement pour eux.

 

Ben puisqu'on me met la pression pour que j'écrive un bon article, comme ça, de but en blanc, sans mes 5 heures de préparation habituelles, et puisque les rares erasmus qui me lisent ne laissent même pas de coms (sauf l'IEP team, respect !), ben je m'en vais improviser un article tout pourri, bien technique, qui vous fera vous écrouler sur vos fauteuils, et ça sera pas en pissant de rire. Je m'en vais expliquer à ma soeur comment qu'il faut faire pour me rejoindre quand on arrive à l'aéroport de Bristol en pleine nuit. Ben tiens, je vais me gêner !

 

Donc, Gabrielle, lis bien ce qui suit et prend des notes. Les autres, vous pouvez aller vous coucher. Vous aurez votre article quand je serai inspiré.

 

Gabrielle, arrivée à l'aéroport à 22h40 (oui, c'est possible), tu passes par le contrôle des passeports, tu récupères ta valise, tu passes par la porte "Nothing to declare" et tu arrives dans le hall. En face de toi, la sortie. Fonce-zy et tourne à droite. Tu devrais trouver un joli panneau bleu avec le logo Flyer. Pose-toi devant ce stop et n'en bouge plus. Tu vois la navette Flyer qui stationne là-bas pendant que tu te les pèles avec tes bagages de 20 kg ? Ben ça sert à rien d'aller à sa rencontre, parce que son chauffeur te laissera pas monter : si ya un arrêt de bus, c'est pas pour les chiens (ah bon ?).

 

A 23h14, la navette démarre et, à 23h15, elle s'arrête devant le joli panneau bleu avec le logo Flyer peint dessus. Enfourne ta valise dans la soute, ris aux blagues du chaffeur même si t'y piges rien et prononce les mots magiques : "Return Temple Meads, please". £7. Ensuite, repère un beau mec, assied-toi à côté de lui et tape-lui la discute. Pour ma part, je suis tombé sur une Française que je croyais avoir déjà rencontré, lors de la Mayor's Reception. Or c'était pas elle, c'était une autre, qui a dû se demander comment un mec aussi intelligent que moi pouvait lui faire le vieux coup du "On s'est pas déjà vu quelque-part ?"

 

A 23h40, la navette s'arrête devant la gare de Temple Meads. Note au creux de ton coeur l'adresse MSN du beau mec, descend récupérer ta valise et observe un peu le paysage qui s'offre à toi. La gare, tourne-lui le dos, car il n'y a plus de trains à cette heure-ci. Tu cherches un arrêt de bus. Cet arrêt se trouve sur l'avenue située à une centaine de mètres en contre-bas de la gare. Arrivée à cette avenue, NE LA TRAVERSE PAS. Tourne simplement à gauche. Tu trouveras l'arrêt Tg, où passe le X39. Si tu traversais l'avenue, tu trouverais un autre arrêt du X39, mais il t'emporterait dans la mauvaise direction et tu n'aurais plus qu'à te laisser mourir de honte.

 

A 00h13, le X39 s'arrête devant toi et t'ouvre ses portes. Inutile de dire "good evening" or whatever, le chauffeur ne te répondra pas. Préfère les "thank you" et les "sorry", les Anglais adorent. Avant de te lancer dans une telle débauche de vocabulaire, commence par prononcer le nom de code : "Return Bath, please". £8. Entends-tu le doux grésillement dans ton oreille gauche ? Non, ce n'est pas la fatigue. C'est ton ticket qui s'imprime. N'oublie pas de le prendre en tirant dessus, sinon le gars qui attend après toi deviendra soudain ton pire ennemi. Cale bien ta valise, assied-toi confortablement et admire le Sommerset by night. Tu n'as plus qu'à te laisser porter jusqu'à la bus station de Bath où ton grand frère dévoué t'attend déjà.

 

00h47 : tu es arrivée ! Facile, non ?

 

Et n'oublie pas, si tu rates la navette de 23h15, prend un des taxi Airportcarz qui attendent à gauche de la sortie de l'aéroport. Si tu rates le X39, tend ta mimine et un des nombreux taxis qui descendent l'avenue s'arrêtera pour toi. Demande "Bath, Broad Quay" (je t'expliquerai comment sonner à mon appartement). 30 pounds la course, c'est mieux que dormir à l'hôtel, non ?

mercredi, 13 décembre 2006

Je veux pas partir !

 

:,-( Je veux pas partiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiir !!!



:-) Adrien ! Pas devant ta famille ! Et tes amis ! Je suis sûr que tu leur manques et ils vont être flattés d'apprendre que c'est réciproque, tiens !

 

:,-( J'ai pas dit qu'ils me manquaient pas. Il me tarde d'aller à Toulouse... mais je veux pas quitter Bath !

 

:-) Allons, tu vas pas me faire un caprice pour juste trois semaines. Pense à Stefanie, qui part définitivement.

 

:-( "Juste pour trois semaines" ??? Mais c'est une éternité, trois semaines. Ca te change une vie !

 

:-) Et c'est reparti ! "Depuis que je suis arrivé, je suis un autre homme" et gna gna gna. Tu sais que ça ne marche pas avec moi. En grandissant, un âne ne devient pas un cheval.

 

:-( Imagine quand je vais rentrer à Toulouse. Tout sera changé, j'en suis sûr ! Je ne reconnaîtrai plus personne et plus personne ne me reconnaîtra !

 

:-) C'est quand même pas comme si tu partais dans un nouveau pays. Et puis tu vas t'habituer. Tu te souviens comment tu te sentais en arrivant à Bath ?

 

:-( Ben justement, maintenant je sais comment ça se passe : je vais encore régresser, puis je vais m'habituer, je vais m'attacher et paf, quand il faudra repartir...

 

;-D ... tu en feras encore tout un cinéma sur ton blog !

 

mardi, 26 septembre 2006

Premier jour

Je suis terriblement crevé, je n'ai pas mangé car il n'y a plus de magasins ouverts et je n'ai pas de draps pour mon lit. C'est pas grave, je suis arrivé, c'est l'essentiel.

Je ne vous dis pas dans quel état j'étais ce matin ! J'avais beau rester immobile, respirer profondément, mon coeur battait à me briser les côtes. Je pensais et repensais à mes bagages : 500 g de trop pour la valise, 500 g de trop pour le sac à dos. Ca ne passerait jamais !

 

 

 

 

Heureusement, c'est passé. A l'enregistrement, la balance afficha 26,5 kg, soit 1 kg de plus que prévu ! Ce kilo de trop aurait dû m'être facturé, mais l'hôtesse ne dit rien, elle colla l'étiquette sur la poignée et bye bye. Je respirais mieux tout à coup !

Seconde étape : les adieux avec les parents. Dès que je vis les visages grimacer et rougir de tristesse, je distribuai des bises à tout le monde et je filai vers le portique de sécurité. Je ne voulais pas garder cette image d'eux pendant les trois mois qui viennent.

Maintenant, voici la véritable anecdote marrante de la journée. Après l'embarquement, qui était porte 37 et pas 34 comme écrit sur le billet, on nous invita à prendre un couloir qui menait dehors, à descendre un escalier en métal et à rejoindre un autobus qui nous attendait sur le tarmac. Le bus se remplit vite d'une foultitude d'anglais. Et là on a poireauté. Comme s'il ne faisait pas suffisamment frais, le chauffeur mit la clim. Les plus vieux étaient assis, mais les plus jeunes (dont moi) attendaient debout et commençaient à soupirer d'impatience. Mes pieds me fesaient mal. Enfin, au bout d'un bon quart d'heure à nous balancer d'un pied sur l'autre, le chauffeur ferma les portes, démarra, contourna l'escalier et... l'autobus s'arrêta quelques mètres plus loin ! L'avion était juste derrière nous ! Tout le monde a éclaté de rire.

Quatre ou cinq employés de l'aéroport s'affairaient devant l'avion à essayer de faire entrer un cube jaune et noir dans un trou blanc en forme de carré, et ils se regardaient d'un air perplexe, cherchaient dans leurs classeurs, parce que le cube ne rentrait pas dans le carré :-S Je sais que j'ai la lourde charge de rehausser l'image de la France, mais il y en a certains qui auraient pu me donner un petit coup de pouce !

A part ça, le vol a été délicieux : comme on ne volait pas très haut, j'ai pu contempler la Garonne sur toute sa longueur jusqu'à Bordeaux, puis la surface irisée de la Manche et enfin les bocages parsemés de moutons anglais. Mais il faudra que je revoie l'épisode dans l'autre sens, car j'ai dormi pendant la moitié du trajet ;-)

Arrivé à l'aéroport de Bristol, je goûtai à l'air frais de l'Angleterre et enfilai bien vite mon pull et mon manteau...

Première conversation en anglais avec le chauffeur de la navette :

- Can I use the return ticket in several months ?

- Yes

En toute modestie, je n'ai eu aucun mal à comprendre sa réponse. Par contre lui, je ne sais pas s'il a compris ma question. Ca m'a coûté 7 pounds. On verra bien.

Dans Bristol : embouteillages, embouteillages, superbe église, embouteillages... Vingt minutes pour faire le tour d'un rond-point, j'avais jamais vu ça ! J'aurais bien voulu prendre en photo un truc vraiment bizarre mais mon appareil était au fond du sac : sur le rond point, il y avait un panneau bleu avec une flèche blanche pour indiquer le sens de rotation, comme en France ; mais comme la peinture blanche n'était apparement pas réfléchissante, ils y avaient collé un mini-lampadaire. Un lampadaire pour éclairer un panneau de signalisation ! Ils sont fous ces Anglais !

Gros stress à la gare de Temple Meads. Sur mon billet de train, il n'y avait aucun numéro de voie, aucun numéro de train. Sur les écrans, aucune indication d'un train allant à Bath. Ne reculant devant rien, je m'adressai à un contrôleur, qui avec une grande diligence, sortit une énorme liasse de feuilles gribouillées et se mit à égréner des noms et des numéros qui ne me disaient rien du tout. Alors je lui sortis une formule que je vais certainement balancer à la figure de beaucoup de gens cette année : "Sorry, I don't understand :-S". Là il me répondit : "nine". Ca, mon cerveau le captait. Alors je me lançai à la recherche de tous les panneaux où était inscrit le chiffre 9. J'aperçus un train. Je ne savais pas d'où il venait, ni où il allait, mais j'appris qu'il passait par Bath : c'était suffisant. Un quart d'heure plus tard, j'étais arrivé.

Après avoir récupéré ma clé à l'accueil de Carpenter House, immense résidence qui fait face à la rivière, je pris l'ascenseur et me retrouvai face à la dernière porte de mon dur périple. Je sortis la clé magique, je tournai et un large sourire m'accueillit, moi et mes lourds bagages : "Hello, I'm Stephen and I'm German". Stephen c'est son prénom et German c'est sa nationalité. Là c'est facile à distinguer, mais avec d'autre personnes dont je vous parlerai plus tard, on peut confondre. Il me laissa m'installer et une heure plus tard il vint me retrouver avec un autre collocataire : Youssef, né en Tunisie, mais qui vivait au Maroc avant de partir à Paris faire HEC.

Ainsi, alors que j'avais le ventre vide, alors que j'étais crevé et que mes affaires étaient à peine déballées, ne partîmes tous les trois attendre le bus qui nous amènerait au campus de Bath, dans l'espoir de passer une nuit de folie. Mais à peine arrivé là-bas, je ne tenais plus debout. Alors je suis resté discuter un peu et je suis rentré me coucher.

Mais avant de m'écrouler sur mon lit, il fallait bien que je vous raconte ma première journée à Bath, non ?